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Premières horreurs des tréfonds obscurs

D 8 décembre 2002     H 22:07     A nunch     C 0 messages


Prêts à en découdre à nouveau avec les cryptes de Dordrien, Farnor et ses compagnons ne se doutent pas de la difficulté des nouvelles épreuvent qui les attendent.

Les cryptes de Dordrien

Le soleil se levait lentement sur le Valdague, peinant à réchauffer la cime des arbres recouverts de neige. La petite troupe d’aventuriers, pleinement remise de ses premières émotions de la veille grâce aux bons soins du temple de Tyr, retournait aux cryptes de Dordrien. Plus motivé que jamais, Farnor marchait en tête. Cette nuit, il avait encore rêvé de Kura.

Bientôt les héros arrivèrent aux cryptes et ils les trouvèrent comme ils les avaient laissées la veille. Reprenant leurs habitudes, les aventuriers réorganisèrent leur ordre de marche afin d’utiliser aux mieux leurs compétences. Ernarlyn, en tête, cherchait les éventuels pièges. Grâce à sa discrétion, elle pouvait prendre de l’avance sans être vue de ses ennemis. Juste après venait Enael. Guerrier le plus expérimenté et endurci du groupe, il était près à charger les adversaires ou à encaisser n’importe quelle attaque dirigée sur le groupe. Ensuite, au milieu, le clerc Farnor et l’archère elfe Kary. De sa position, le nain pouvait promulguer ses soins à n’importe quel autre membre du groupe. Et par-dessus sa tête, Kary n’aurait aucune peine à cribler leurs ennemis de flèches. Enfin, à l’arrière, venaient Enoch et Mansdred, tout deux prêts à lancer leurs sorts.

Prudents, ils décidèrent d’abord d’ouvrir la porte près des cadavres d’elfes noirs qu’ils avaient ignorée la veille. Râclant légèrement sur le sol, le panneau de pierre révéla un couloir d’une quinzaine de mètres de long avec quatre alcôves. Dans les murs étaient creusées des dizaines de niches où reposaient des squelettes, parfois même plusieurs au même endroit. En général, ce genre de tombes était réservé aux gens communs. Il ne semblait n’y avoir rien d’intéressant ici.

Fantôme de souvenir

Les aventuriers continuèrent leur exploration et progressèrent dans le couloir principal. Repassant devant la porte menant à la pièce du fantôme, ils arrivèrent à des escaliers qui descendaient dans l’obscurité. Ils marquèrent une courte pause avant de continuer. En bas, ils débouchèrent dans une grotte qui s’incurvait en direction de l’ouest. Comme dans le couloir précédent, les murs étaient ornés de dizaines de niches servant de tombes sommaires. Bien qu’ils semblaient légèrement taillés, les murs, le plafond et le sol étaient inégaux et imparfaits. Il régnait dans ces lieux un silence inquiétant.

Ernarlyn examina quelques unes des niches, toujours à l’affût d’un éventuel trésor. Elle remarque certains restes de squelettes étaient recouverts d’une espèce de moisissure jaune. Se gardant bien d’y toucher, elle continua suivie par ses compagnons.Après un court couloir rectiligne, ils arrivèrent dans une grotte plus grande elle avec des niches dans les murs. Au centre de la pièce, il y avait une grande statue représentant une sorte de croisement entre un humain et un insecte. La tête de la créature était légèrement ovale avec des yeux bulbeux et des mandibules menaçantes. Aucun des héros de ne savait ce que représentait la sculpture alors poursuivirent-ils leur chemin dans le prochain couloir.

Une voix d’outre-tombe

A peine eurent-ils quitté la grotte qu’une voix caverneuse s’éleva du couloir. Elle s’adressait directement à Ernarlyn en drow. Grâce à son héritage, l’elfe comprit sans peine la langue. Mansdred, qui vivait dans les grottes, connaissait lui aussi cette langue car il avait déjà eu des contacts avec des elfes noirs. Enoch le mage s’empressa de lancer un sort de compréhension des langages, afin de ne rien predre de ce qui allait se passer. Les autres compagnons, bien que n’ayant rien comprit, se tenaient sur leurs gardes, prêts à livrer combat.

  • Halte, elfe noire ! dit la voix caverneuse. Que fais-tu avec des êtres de la surface ?

Un peu surprise, Ernarlyn eut tout d’abord un peu de mal à trouver ses mots. Remise de ses émotions, elle réfléchit à toute vitesse à une réponse. Bien qu’elle ne voyait pas qui s’adressait à elle, la voix n’avait pas l’air de venir d’un drow ou autre humanoïde vivant dans les tréfonds obscurs. Ce devait être plutôt une créature gardienne placée là par les elfes noirs.

  • Ôte-toi de mon chemin ! Je suis une puissante prêtresse de Lolth, et ces mercenaires sont là pour servir notre cause.

Ernarlyn entendit la créature s’écarter du chemin en restant cependant dissimulée dans l’ombre. Elle poussa un petit soupir de soulagement. Le groupe poursuivit son chemin et Enoch, en essayant de sonder l’obscurité, crut discerner une sorte de tronc d’arbre effrayant avec des tentacules, un grand œil et une bouche aux dents acérées.

Laissant cette horreur sans nom derrière eux, les aventuriers poursuivirent dans le couloir. Sur la gauche, une partie de celui-ci n’était pas creusée de niches sur quelques mètres. Enfin ils arrivèrent dans une nouvelle grotte, sans caractéristiques particulière. A cet instant, Enoch entendit un bruit derrière lui. A peine eut-il le temps de se retourner qu’il vit fondre sur lui un monstre, sorte de croisement entre une goule et un démon. La pâleur de sa peau mettait en valeur son corps musculeux. La bouche garnie de dents pointues grande ouverte et ses puissants bras tendus en avant, le maurezhi - car tel était le nom de cette horreur -, planta ses griffes dans l’épaule du sorcier. Le pauvre elfe sauvage ne put même pas crier de douleur car la paralysie avait déjà gagné tout son corps. Enoch était totalement figé, son visage montrant un rictus de douleur et de surprise muettes.

Alertant ses compagnos, Mansdred, juste à côté, tenta de frapper le démon avec son cimeterre, mais il le manqua. Le maurehzi répliqua en attaquant violemment, mais ses attaques ne firent pas mouche. Farnor et Enael n’avaient pas encore eut le temps de réagir qu’Ernarlyn avait déjà commencé à contourner le monstre en passant par les ombres. Kary, bien que prompte à sortir ses flèches, n’arrivait pas à ajuster sa cible car elle était gênée par le sorcier aussi immobile qu’une pierre. Mansdred tenta une nouvelle attaque et ne réussit qu’à égratigner le démon. Celui-ci répliqua et blessa le druide à la hanche. Il se sentit aussitôt gagné par la paralysie et en quelques instants il partagea le sort d’Enoch, aussi figé qu’une statue.


L’antre du démon

Ayant profité du chaos ambiant, Ernarlyn avait réussi à se glisser derrière le maurehzi. Tenant fermement son épée, elle la planta dans son dos et vit le sang couler. Le monstre hurla de douleur et fit un bond sur le côté. Voyant ses adversaires se rapprocher de lui, le démon libéra une partie de son pouvoir. Aussitôt une sorte de brume se forma devant chacun des héros encore en état de combattre. Bientôt les brumes laissèrent place à de vraies goules, presque aussi hideuses que leur maître.

Surpris par ce retournement de situation, les compagnons perdirent une partie de leurs moyens sauf Farnor qui se saisit de son symbole religieux pour invoquer le pouvoir de son dieu. Le clerc prononça une courte litanie à l’encontre des morts-vivants qui furent aussitôt soufflés et réduits à l’état de cendres par la puissance de divine.

Cependant le démon avait profité de cet instant de distraction pour fuir en emportant Enoch qui avait assisté à toute la scène sans pouvoir rien faire. Alors que les cendres des goules finissaient de se disperser, les aventuriers voyaient déjà le maurehzi s’éloigner dans le boyau de pierre, le sorcier chargé sur son épaule tel une carcasse sur l’épaule d’un boucher.

Ernarlyn et Enael s’élancèrent à sa poursuite tandis que le nain et Kary et restaient pour protéger le druide qui ne pouvait toujours pas bouger. La poursuite dura une petite minute et les deux elfes suivirent le démon jusque dans son antre, une grande caverne sans autre sortie. Ca et là, des cadavres dévorés, précédentes victimes du monstre, jonchaient le sol avec leur équipement éparpillé. Dans l’air régnait une forte odeur de décomposition.

Dans un coin, le maurehzi avait déposé le sorcier et commencé à mordre pleinement dans son bras. Enael le vit et chargea le démon, suivit par la barde. Le guerrier humain utilisa tout son savoir faire et bien vite le monstre, acculé, suintant de sang par de multiples plaies, poussa un ultime râle d’agonie.

Prise de contact avec les elfes noirs

Plus tard, le groupe se reposait du combat. Enoch et Mansdred avaient récupéré avec soulagement toute leur mobilité et Farnor les avait soignés avec des sorts de soins. Ernarlyn n’avait pas perdu de temps. Dans l’antre du démon elle avait trouvé et identifié nombre d’objets magiques dont une cotte de mailles elfique, un maillot de mailles en mithral ou encore une cape de résistance. Les aventuriers se partagèrent le butin avant de reprendre leur chemin, la barde toujours à leur tête.

Ernarlyn prit un peu d’avance dans le couloir et progressa plus lentement pour éviter toute nouvelle mauvaise surprise. Aussi silencieuse qu’un chat, elle progressait prudemment. Soudain, elle vit deux formes plus loin dans le couloir. Minces mais musclés, les deux personnages avaient la peau aussi noire que de l’ébène et des cheveux blancs comme la neige. Des sentinelles drows ! Sur ses gardes, l’elfe essaya de se rapprocher. Ayant la faculté de voir dans le noir, les drows possédaient un avantage sur elle. Malheureusement, elle n’avait pas hérité de l’exceptionnelle vision de son parent elfe noir.

Tout à coup, les deux drows s’agitèrent et se saisirent de leurs arbalètes de poing pour tirer dans la direction de l’elfe. Heureusement, pour elle la distance les séparants était assez grandes et les carreaux, qui étaient sûrement empoisonnés avec un soporifique, ne firent pas mouche. Ernarlyn évalua la force de ses adversaires, se dit qu’elle pouvait les vaincre seule et chargea.


Patience et rage

Pendant ce temps, les autres aventuriers patientaient, sauf Enael. Il brûlait d’envie d’en découdre avec des elfes noirs. Jusqu’à présent, il n’avait jamais eu l’occasion d’en affronter mais connaissait leur réputation. Il voulait savoir si elle était justifiée. Le guerrier profita d’un moment d’inattention des ses compagnons pour s’éloigner dans le couloir. Il était sûr que la belle barde prenait de l’avance plus pour se garder les meilleurs trésors et le fun que pour aider le groupe.

Progressant prudemment dans le passage, Enael entendit des bruits de combat. Il pressa le pas. Il déboucha sur une nouvelle caverne. Sa torche magique illumina une scène de combat : Ernarlyn qui se battait farouchement contre deux drows. L’un des drows, qui allait tirer un carreau d’arbalète sur la barde, se retourna brusquement vers la nouvelle intrusion et appuya sur la détente. Avant que le guerrier n’ait pu réagir, le minuscule carreau se planta dans la main qui tenait la torche. Enael sentit le sommeil le gagner. Il tenta vainement de lutter contre mais sans succès. Il s’écroula sur le sol et le bruit de sa rapière heurtant la roche résonna dans le souterrain.

Le bruit métallique parvint jusqu’aux oreilles des quatre autres compères qui patientaient. Instantanément Kary fut sur ses gardes.

  • Quel était ce bruit ? demanda-t-elle aux autres.
  • Je ne sais pas... répondit Farnor. Mais !? Où est Enael ?
  • Je dirais qu’il est avec Ernarlyn et qu’ils ont des ennuis, conclut Enoch.

Suivis du druide, ils se précipitèrent vers la scène de combat. Ernarlyn était pressée par les deux elfes noirs mais l’un deux semblait tout de même grièvement blessé. Aidée de ses compagnons, l’elfe métis n’eut aucun mal à vaincre. A un instant de la bataille, une énorme et horrible araignée avait même surgit de l’ombre à l’autre bout de la caverne mais Enoch régla le problème d’une boule de feu magistrale, avant même que quiconque se rende compte de la présence de l’immonde tisseuse.

L’antichambre des drows

Après le combat, Ernarlyn et Enoch discutaient de la situation. Ils avaient enfin rencontrés leurs premiers elfes noirs et d’autres n’étaient sûrement pas loin. Ils devraient redoubler de prudence. Pendant ce temps, le druide et le clerc tentaient de réveiller Enael à grands coups de baffes. Kary faisait le guet.

  • Il faudrait pouvoir s’introduire chez les drows sans se faire repérer, commentait Ernarlyn.

Enoch leva un sourcil.

  • Tu penses à quoi ? A nous déguiser ?
  • Ca pourrait fonctionner. Si on attend la prochaine relève des gardes, deux d’entre nous pourront se substituer à ceux que nous avons tués. Et les autres passeront pour des prisonniers capturés pendant le tour de garde. Ca a déjà marché avec la créature que nous avons rencontrée plus tôt.
  • Oui, mais là nous aurons affaire à de vrais elfes noirs. Ils ne se laisseront pas aussi facilement duper.
  • C’est vrai. Mais c’est toujours mieux que de foncer tête baissée dans la bataille. Et là nous aurons un petit effet de surprise. A moins que tu n’aies mieux à proposer.

Le sorcier secoua la tête. Rapidement, les deux elfes exposèrent leur plan aux autres et il fut rapidement approuvé. Personne n’avait de meilleure idée.

Le groupe attendit en embuscade la relève des drows. Quand la prochaine équipe arriva, elle fut rapidement maîtrisée. Alors Ernarlyn déguisa soigneusement Enael en drow. Et la barde passerait facilement pour le deuxième équipier sans trop de modifications. Le groupe s’engagea dans le nouveau tunnel par lequel étaient arrivés les gardes. Au bout c’était une impasse. Un mur lisse et dépareillé de la roche du souterrain scellait le passage. Cependant il y avait dans le sol un trou assez large pour laisser passer un guerrier en armure. Un gros anneau de fer était soudé juste à côté.

Les aventuriers réfléchirent quelques minutes. Le mur semblait solide et ne comportait pas de passage secret. Les drows venaient forcément par le trou en utilisant un moyen quelconque. Pourtant ils n’avaient pas de corde avec eux. Enoch décida d’envoyer son pseudo-dragon en reconnaissance. Le familier descendit dans le trou et fit part de ce qu’il découvrit à son maître. Il y avait une grande pièce sans forme particulière. Au milieu trônait une table entourée de chaises et sur lesquels deux drows étaient assis. Dans un coin, pas loin d’eux, il y avait une créature horrible : bien que de forme humaine, elle était totalement dépourvue de muscles ; de sa chair et de ses muscles à nu suintait une sorte de liquide vert. Enfin, pas très loin du trou, il y avait la même sorte d’araignée que rencontrée précédemment. Elle était énorme et ses yeux n’étaient que de cavités sombres sans vie, tandis que de ses mandibules coulait une bave noire infâme. Elle avait l’air d’être morte et vivante à la fois. Tout à coup le pseudo-dragon remonta précipitamment. La créature écorchée (son nom est quth-maren) l’avait vu et lui avait craché dessus le même liquide qui coulait sur son corps.


Au fond du trou

Etant repérés, les héros durent réfléchir à toute vitesse. Enoch réagit un peu trop vite et lança dans le trou une boule de feu qui détonna fortement. Il entendit avec satisfaction un cri de douleur émit par l’araignée. Pour la discrétion c’était manqué. Ernarlyn proposa de descendre et d’essayer d’amadouer les drows le temps que les autres arrivent. Ensuite Enael viendrait, puis les autres. Ils attachèrent une corde à l’anneau et la barde descendit. En bas, les elfes noirs l’attendaient de pied ferme. Elle ne pu s’empêcher de reculer d’horreur en découvrant le quth-maren mais elle se maîtrisa. A la vue de la chose calcinée pas loin d’elle, elle déduisit que l’araignée spectrale n’avait pas survécu à la boule de feu d’Enoch.

  • Que se passe-t-il là haut ? la questionna abruptement un drow.
  • Je suis Ernalyana. J’étais avec les sentinelles en haut lorsque nous avons été attaqués par des êtres de la surface. Vite, nous avons besoin de votre aide !
  • C’est bizarre, je ne te reconnais pas et ton histoire est bizarre, répondit le drow méfiant. Tu vas me suivre pour que le capitaine t’interroge.
  • Il n’en est pas question. Je suis d’une puissante famille de Mezzoberazan et je n’ai pas à t’obéir.
  • Tes menaces ne m’impressionnent pas. Et depuis quand un drow voyage-t-il à la surface ? Ton histoire ne tient pas debout et de plus tu as violé notre consigne de sécurité en attachant une corde là-haut. A cause de toi les humains vont pouvoir descendre facilement !

Sur ce le drow utilisa son arbalète de poing et un carreau empoisonné atteignit Ernarlyn. Elle ne réussit pas à lutter contre le somnifère et s’endormit aussitôt. La dernière chose qu’elle vit était Enael qui descendait par la corde.

Le guerrier humain se laissa tomber sur le dernier mètre et esquiva de justesse de nouveaux carreaux d’arbalète. Il évalua rapidement ses adversaires et chargea le premier drow. Malgré son expérience, à trois contre un il était dans une position difficile. De plus le quth-maren le déstabilisait et le remplissait d’effroi. Cependant il réussit à tenir le coup le temps que Farnor arrive, suivit de Kary, Mansdred et Enoch. Le combat fût long et difficile. Ils découvrirent avec stupeur les pouvoirs du quth-maren : à chaque fois qu’il blessait un des héros, un peu de liquide vert coulait également sur la blessure et lui rongeait la peau car en fait c’était un acide. De plus quiconque croisait le regard de la créature et n’était pas assez solide d’esprit se retrouvait instantanément immobilisé par la peur. Enfin, le monstre était résistant aux sorts d’énergie et ses blessures se soignaient d’elles-mêmes. Le clerc nain reconnu le quth-maren comme un mort-vivant mais il ne réussit pas à le repousser.

La chute d’Ernarlyn

Quand les aventuriers eurent vaincu leurs adversaires, ils tâchèrent de réveiller la barde. La pièce où ils étaient ne présentait pas trop d’intérêt. Par contre son unique sortie, en dehors du conduit dans le plafond, donnait sur un gouffre. Bien qu’ils ne la voyaient pas, ils pouvaient entendre l’agitation d’une rivière qui coulait bien plus bas. Le gouffre était large d’environ six mètres et en face il n’y avait qu’une paroi. Une gigantesque toile d’araignée verticale était tendue dans le gouffre et elle était attachée aux parois par d’énormes fils, dont un au niveau des héros.

Enoch envoya une fois de plus son familier en reconnaissance. Le petit dragon passa aisément entre les fils de la toile et rapporta que d’autres cavernes débouchaient de la même paroi sur le gouffre mais plus bas. Il y avait également une caverne de l’autre côté du gouffre mais bien plus loin sur la gauche. Le seul moyen d’atteindre une autre caverne était soit de voler, soit d’escalader la paroi, soit de s’aventurer sur la toile. Le sorcier toucha prudemment le fil à sa hauteur et il constata avec soulagement que sa main ne restait pas colée. De plus le fil était assez large pour que le groupe puisse marcher dessus en file indienne sans prendre trop de risque.

Les aventuriers s’engagèrent sur le fil, Ernarlyn en tête comme à son habitude. Quand ils atteignirent la toile, ils commencèrent à descendre le long du fil vertical le plus proche. Comme il était pourvu de nombreuses prises, on pouvait y descendre comme si c’était une échelle. A ce moment là, le familier du sorcier poussa un cri d’avertissement. Un groupe d’elfes noirs étaient entrain de monter à leur rencontre et parmi eux un magicien était entrain d’entonner un sortilège ! Ils eurent à peine le temps de réagir qu’une tempête de grêle s’abattit sur eux. Ils encaissèrent tant bien que mal les grêlons qui les heurtèrent violemment. Ensuite ils entreprirent de remonter afin d’attendre les drows sur un terrain plus sûr.

Cependant le mage drow était déjà entrain de lancer un nouveau sort. Un éclair partit de ses mains et remonta dans leur direction et ils eurent beaucoup de peine à l’esquiver, certains devant même ne se tenir que d’une main à la toile. Ils étaient dans une position très difficile et ils risquaient d’y passer s’ils ne faisaient rien. Alors Enoch commença lui aussi à lancer un sort d’éclair. Puisque les elfes noirs voulaient jouer à ce petit jeu, ils trouveraient du répondant !

Pendant ce temps, Ernarlyn se dit que grâce à son agilité naturelle elle pourrait rapidement rejoindre les drows en se laissant tomber de plusieurs échelons et en se rattrapant au dernier moment. Ensuite, ayant l’avantage d’une position surélevée, elle pourrait facilement attaquer le drow qui montait en tête. La barde lâcha le fil de la toile et se laissa tomber. Au dernier moment elle essaya se rattraper au fil mais elle découvrit avec horreur qu’elle avait surestimé la force des ses doigts qui ne purent supporter le poids de son corps en pleine chute. L’elfe bascula dans le vide. La chute fut longue, très longue. Finalement elle heurta de plein fouet la rivière au fond du gouffre. Mais à une telle vitesse même de l’eau pouvait représenter un obstacle solide et elle sentit plusieurs de ses côtes se briser. Enfin, elle découvrit avec horreur la puissance du courant et que l’eau était glaciale. Luttant vainement pour remonter à la surface et s’accrocher à un rocher, elle fût emportée par la rivière tumultueuse dans les profondeurs des étendues souterraines où aucune créature ne s’était encore jamais aventurée.

Ainsi périt la belle elfe Ernarlyn, noyée et gelée, et aucun barde ne chantera jamais ses exploits.

Combat de sorciers

Enoch se montra le sorcier le plus talentueux. Bombardant ses adversaires d’éclairs, il en fit chuter plusieurs dont le mage. Ils connurent le même destin que la barde. Les drows survivants, dont le nombre avait considérablement réduit, décidèrent de se replier et se réfugièrent dans une caverne à leur niveau. Les aventuriers pouvaient maintenant terminer de remonter en toute sécurité. Même s’ils avaient gagné ce nouvel affrontement, la perte d’Ernarlyn était terrible pour eux. Une fois en haut, ils gardèrent le silence. Ils savaient qu’ils ne disposaient d’aucun moyen pour ramener la barde. Au cas où, Enoch envoya son familier scruter le fond du gouffre... bredouille.

Désormais ils devraient compter sans elle.

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