Crazy Orc, jeu de rôles et de figurines à Lyon
Vous êtes ici : Accueil » Souvenirs » Jeux de Rôle » Le Livre des Cinq Anneaux » Les montagnes Juro-Jin

Les montagnes Juro-Jin

D 11 mars 2003     H 18:26     A Melchior     C 0 messages


Nous retrouvons donc nos six compagnons sur la route des montagnes Juro-Jin [1], au nord des terres du clan Licorne.

Fushuto, comme à son habitude, en tête de la petite troupe de samouraïs, scrutait l’horizon en quête du poste frontière annoncé par Kirimi-san. Le groupe s’engageait dans un col étroit lorsque Tamashi perçut un raclement de sabot sur le sommet droit du col. Inquiet, il leva les yeux pour essayer d’apercevoir la source du bruit. N’y parvenant pas, il fit signe aux autres de s’arrêter. Fushuto, mécontent de cet arrêt incongru, fit volte-face pour s’approcher du shugenja.

  • Que se passe-t-il ?
  • Je ne sais pas. J’ai cru entendre quelque chose, là-haut.
  • Quoi ?
  • Attendez-moi, je vais voir de quoi il retourne.

Mêlant le geste à la parole, le Crabe sortit un parchemin recouvert de symboles incongrus, incompréhensibles pour le bushi à côté de lui. Pendant la lecture à haute voix du parchemin, une aura rouge entoura le shugenja. Plein de l’énergie élémentaire, le Crabe finit son incantation, la voix augmentée par la magie qui l’entourait. Des ailes de flamme poussèrent dans son dos. Fushuto fut obligé de reculer pour ne pas être brûlé ! Puis Tamashi s’éleva dans les airs. Au sommet du col, il survola la végétation dense en dessous de lui. Les arbres ne lui permettaient pas de voir les cavaliers dissimulés en dessous. Satisfait, il redescendit vers ses compagnons. Le sort se dissipa de lui-même au moment où il toucha le sol. Fushuto le regarda, puis le shugenja dit :

  • Apparemment, il n’y a rien. Je suis désolé, Fushuto.
  • Ne t’inquiète pas, les sens d’un homme sont souvent troublés par la fatigue.

Les deux samouraïs remontèrent en croupe. Puis la petite compagnie reprit sa route vers le Nord. Fushuto n’était plus sûr d’être seul dans cette contrée isolée. Kobayshi avait pris les devants pendant la pause. Il s’immobilisa à une vingtaine de mètres de la sortie du défilé. Il attendit que ses compagnons l’aient rejoint. Takagi se mis aux cotés de Kobayshi, immobilisé au milieu du chemin.

  • Je les ai senti aussi.

Kobayshi ne répondit pas, il indiqua tout simplement un bosquet sur la droite. Puis, pour toute réponse, dit :

  • Le clan du Dragon est connu pour ses proverbes et ses anathèmes.

Takagi acquiesça. Il sortit un parchemin, le déroula et incanta. Kobayshi attendit un effet quelconque dû au sort. Celui-ci ne venant pas, il regarda le shugenja avec un regard accusateur.

  • Aurais-tu raté ton sort ?
  • Non. Vérifie par toi même, jeune Dragon incrédule.

En pleine embuscade

La réflexion le fit rire. Le bushi haussa les épaules, puis il se dirigea vers le bosquet de gauche. Il y découvrit un bushi sur un magnifique cheval de guerre. L’homme était figé sur place, son arc à la main, une flèche prête à être décochée. Ses couleurs montraient qu’il appartenait au clan Licorne, mais sa peau blanche était inhabituelle. Ses traits durs, surmontés d’un nez crochu trahissaient ses origines gaïjin. Fushuto ressortit des taillis, faisant signes à ses compagnons de le rejoindre. Les autres descendirent de cheval, confiant les montures à Shise. Réunis autour du bushi, ils attendirent que le sort se dissipe. Takagi rayonnait de voir son sort si efficace. Au bout d’une dizaine de minutes le bushi se remit en mouvement et tenta d’encocher une flèche, qui avait mystérieusement disparu de son carquois ! Il regarda autour de lui et vit les samouraïs qui l’encerclaient. Surpris, il se redressa sur sa selle.

  • Au nom du clan Licorne, je vous somme de vous rendre !

Avec un petit sourire Fushuto le toisa des pieds à la tête.

  • Je ne crois pas que vous soyez en mesure d’exiger quoi que ce soit.

Le bushi, loin d’être impressionné, émit un léger sifflement. En quelques secondes, une quinzaine de chevaux accompagnés de leurs cavaliers surgirent autour de nos héros. Fushuto regarda autour de lui les bushis.
Il se tourna de nouveau vers le bushi devant lui.

  • Le nombre n’est pas pour nous, mais je ne me rendrais pas sans combattre.

Ses compagnons le regardèrent, trahissant leur confiance dans cette victoire incertaine. Tamashi essaya de reculer dans les taillis ; une pointe de flèche l’empêcha de continuer son repli stratégique. De son coté, Takagi souriait. Kobayshi essayait de distinguer lequel de ses adversaires était le plus près de lui. Shugaï affichait une attitude détachée, cherchant une porte de sortie. L’ombre ne lui avait nullement demandé de risquer sa vie. Fushuto comprit le trouble de ses amis, son honneur ne lui permettrait pas de se rendre sans lutter. Le Licorne au centre du cercle reprit la parole :

  • Allons, une reddition est parfois plus valable qu’une mort rapide et indigne. Ne soyez pas stupides : nous sommes trois fois plus nombreux que vous.

Fushuto fulminait ! Se laisser prendre au piège par des gaijins, quelle infamie ! Il dégaina sa lame, se retourna et la leva au ciel.

  • Que mes ancêtres me donnent la force !

Le signal était donné, la mêlée commença, le chaos régna quelques secondes. Kobayshi se rua l’épaule en avant sur le cheval le plus proche, renversant bête et cavalier. Le cheval se releva sans son cavalier et partit au galop. Une nuée de flèches se dirigea vers Takagi en train d’incanter. Les flèches disparurent un instant avant de se rematérialiser dans le dos des archers qui les avaient décochées. Les cavaliers ne furent pas blessés, car les flèches visaient leur monture. Ainsi piqués, les chevaux désarçonnèrent leurs cavaliers. Takagi vit Tamashi lui adresser un clin d’oeil significatif. Shugaï roula entre les pattes du cheval sur sa gauche et trancha les attaches de la selle, projetant au sol le bushi qui n’eut pas le temps de se redresser. Une lame Scorpion lui avait tranché la gorge. De son côté, Fushuto chargea le bushi précédemment capturé. A un mètre de sa cible, il sauta par dessus l’encolure du cheval, enserrant la taille de son cavalier. Ils roulèrent tous deux a terre. La lutte au corps à corps s’engagea. Shugaï prit la poudre d’escampette lorsque un bushi, encore en selle, le chargea. Ses compagnons se débrouilleraient bien sans lui, et même s’ils mouraient, ses engagements seraient tenus. Takagi était encerclé, deus bushis armés d’onos l’avaient désarmés de son katana. Il se souvint d’un sort… trop tard, un coup d’ono l’assomma. Tamashi, lui, était en bien mauvaise posture. son tetsubo gisait à terre, hors de portée. Profitant d’un instant d’inattention de son adversaire le plus proche, il lui assena un grand coup dans l’aine. Le bushi ainsi molesté s’écroula avec un juron, toute envie belliqueuse l’avait quittée. Tamashi se retourna trop tard pour voir arriver le coup de poing qui le fit s’écrouler. Seul Kobayshi et Fushuto étaient encore debout, encerclés par huit bushis. Ils s’appuyèrent dos à dos pour se couvrir mutuellement. Kobayshi n’avait plus qu’un sabre, une vilaine blessure scindait son torse. Ils résistèrent encore quelques minutes, puis ils rejoignirent leur compagnon inconscient. Shugaï, dissimulé dans un arbre, regarda les Licornes hisser leurs blessés sur les selles, puis deux bushis attachèrent ses compagnons aux flancs de leurs chevaux. Une fois cela fait, les cavaliers repartirent vers le Nord.

La traque

Shise, resté seul, avait entendu les bruits de la bataille. Confiant envers ses amis, il les attendait lorsque le bruit de la bataille cessa. Il attendit que ses compagnons ressortent du bosquet. De longues minutes s’écoulèrent. Ses compagnons n’étant toujours pas de retour, il se dirigea vers les taillis. Sur place, il découvrit les traces de la bataille, mais aucune de ses comparses. Au comble de l’inquiétude, il retourna vers leurs montures. A sa grande surprise, les chevaux avaient disparu. Shugaï traînait les chevaux de ses compagnons disparus en direction du Sud, un sourire aux lèvres. En voyant les montures abandonnées, il ne s’était pas douté que Shise s’en était tiré. Shise retourna dans les hautes futaies. Observant le sol, il repéra les traces de chevaux. Il ne pouvait pas laisser ses amis aux mains de leurs agresseurs. Il regrettait amèrement de ne pas avoir été lui aussi au combat. Une seule chose le motivait encore : il n’y avait pas de cadavres dans ce taillis. Les bushis Licorne arrivèrent à leur camp. Ils déchargèrent les prisonniers sans ménagements, puis les enfermèrent dans une masure.

Fushuto revint à lui. Etroitement ligoté, il ne put s’assurer que ses compagnons étaient encore vivants. Les heures défilèrent. L’obscurité ambiante ne permettait pas à Fushuto de distinguer sa prison. Un gémissement sur sa droite lui indiqua que l’un de ses compagnons revenait à lui.

  • C’est promis : j’arrête le saké... Aoh, quel mal de tête !

Tamashi essaya de se masser les tempes et il comprit qu’il était ligoté.

  • Ne t’inquiète pas, Tamashi. Ce n’est pas une gueule de bois.
  • Ah bon ? C’est vrai, maintenant je me fais moins de souci !
  • Peux-tu nous libérer ?
  • Sans mes parchemins, je ne crois pas. Lumière !

Les plaques de jade de l’armure du shugenja émirent une douce lueur verte. Fushuto vit enfin pour la première fois leur geôle. Ils n’étaient que tous les deux, Kobayshi et les deux autres n’étaient pas dans cette cellule.

  • J’espère qu’ils vont bien, dit-il pour se rassurer. Puis il se tut, morose.

Pendant ce temps-là, le Crabe se tordait en tous sens pour essayer de desserrer ses liens.

  • Tes efforts sont vains, j’ai déjà essayé…

Le Crabe s’immobilisa, il jura dans son dialecte.

  • Fushuto, ne t’en fais pas. Les autres vont bien, je le sens.
  • Comment peux-tu être si catégorique ?

Avec un clin d’œil le Crabe lui répondit :

  • Tu sais, ils sont grands et costauds. Et puis Takagi pourra toujours les assommer en leur racontant une histoire.

Fushuto rit espérant qu’il disait vrai.

Shise continuait d’avancer dans l’obscurité naissante. Des nuages gris s’amoncelaient à l’horizon, il devait presser le pas. La pluie risquait d’effacer les traces. Résigné, il avançait aussi rapidement que possible. Au loin, dans un vallon, des lumières attirèrent son regard. Le camp des agresseurs n’était plus très loin. Il se glissa dans la nuit, espérant pouvoir sauver ses compagnons.

Précédent - Suivant

[1Les Montagnes Tonnerre

Dans la même rubrique

23 juin 2003 – L’ennemi se présente

23 juin 2003 – La volonté de Shise

4 mars 2003 – Enfin une piste !

25 février 2003 – Un voyage difficile

25 février 2003 – Le village de l’espérance infinie

Un message, un commentaire ?
Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?