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La volonté de Shise

D 23 juin 2003     H 16:39     A Melchior     C 0 messages


Le matin se leva sur le vallon où ses amis étaient enfermés. Shise avait passé la nuit à observer le campement des cavaliers Licorne. Il avait remarqué que deux baraques jumelles étaient gardées par des bushis armés de onos [1]. Il pensait que ses compagnons étaient enfermés à l’intérieur, ou du moins il l’espérait. Malheureusement, les rondes sur l’extérieur du campement ne lui permettaient pas de s’approcher de trop près.

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Prisonnier dans un vallon
Il fait froid sous un ciel si couvert.

Trempé par la pluie battante, frigorifié et fatigué, il s’abrita au pied d’un bouleau. Il s’assoupit, son sommeil fut troublé par un bruit de galop dans le lointain. Au nord du campement, des chariots se dirigeaient vers le campement, avec en tête de la caravane une vingtaine de cavaliers. Les cavaliers en armure blanche a liserés rouges devançaient le convoi de chariots. Ces couleurs de clan étaient inconnues de Shise. Il en déduisit que c’était les couleurs du clan Pégase. Les chevaux s’immobilisèrent au centre du camp, un des bushis Licorne se dirigea vers le Pégase qui menait la colonne. Les deux hommes échangèrent une virile poignée de main. Shise pensa qu’ils devaient faire affaire depuis longtemps. Puis les deux bushis se dirigèrent vers la construction la plus importante. Pendant ce temps là, les autres bushis déchargèrent des caisses des chariots qui avaient rejoint le campement à leur tour. Shise imagina que les marchandises ainsi déchargées ne pouvaient être que des armes. Le nombre de caisses était impressionnant : de quoi fournir une armée !

Puis, au bout d’une heure, les deux commandants ressortirent de la baraque et se dirigèrent vers les masures. Le cœur de Shise se noua… ses amis risquaient d’être interrogés, ou pire... Il fallait agir vite. Mais à quarante contre un, ça n’aurait rien d’une balade de santé ! Que faire ? Mourir bêtement, ou aller chercher des renforts ? Il faudrait faire un choix, et vite !

En prison…

Fushuto rongeait les cordes de Tamashi depuis hier au soir, et cela avait à peine affecté les liens de soie tissée. Un bruit les prévint de l’entrée imminente d’un visiteur. Il se redressa et se plaqua contre la paroi. La lumière de l’armure s’estompa. La porte coulissa, un homme de haute taille portait une armure lourde blanche, les liserés rouges étaient ornés de signes cabalistiques. Il s’agenouilla à coté de Fushuto, le gifla en guise de préambule. Fushuto releva la tête et lui cracha dessus :

  • Détache-moi et je te jure que tu n’auras plus jamais l’occasion de me toucher !

L’homme rit :

  • Je t’aurais bien tué pour ça. Mais les ordres sont stricts.

Il regarda le Licorne à sa droite avec un sourire carnassier :

  • Rien ne nous empêche de nous amuser un peu. Je te laisse le Crabe, le petit dragon me plaît bien.

Il frappa violemment Fushuto à l’estomac, ce dernier se tordit en deux en retenant un cri de douleur. S’il avait mal, son honneur lui interdisait de le montrer. Le Licorne s’approcha de Tamashi. Le Crabe, un sourire en coin, attendait, impassible. Le Licorne lui envoya un direct dans la mâchoire et hurla de douleur ! Il avait l’impression d’avoir heurté la muraille du clan Crabe ! Se tenant la main, il regarda le Pégase continuer de violenter Fushuto. Celui-ci s’interrompit, et regarda son collègue tortionnaire avec un regard noir :

  • Imbécile ! Ne sais-tu donc pas frapper un abruti de Crabe ligoté ?
  • Moi, un abruti ? Toi tu n’es que le résultat de l’étreinte d’un gobelin et d’une gaijïn [2] malodorante.

La réflexion fit sourire Fushuto. Le Pégase blêmit.

  • Tu vas le regretter !
    Il s’avança vers le shugenja, et voulut lui mettre un coup de pied. Lorsqu’il heurta le visage du Crabe, il poussa un cri de douleur ! Sautillant sur place, il se massait l’extrémité du pied, s’attirant l’hilarité des deux captifs.
  • Sorcellerie ! dit-il en sortant.

Son acolyte referma la porte à sa suite. Fushuto resta dans l’obscurité quelques secondes, puis la lumière produite par l’armure réapparut. Le shugenja souriait toujours. Fushuto rampa au coté de son comparse.

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    L’armure de Tamashi

    Comment as-tu réussi à faire ça ?

  • Mystère...
  • Tu peux me le dire, je sais garder un secret, pria Fushuto.
  • Ce n’est pas le problème, si...
  • On risque de mourir ici. Je n’aurais certainement jamais l’occasion de le répéter à quiconque.
  • Peut-être… Bon d’accord, reprit Tamashi. Mon armure, comme tu as pu le voir, produit de la lumière, et empêche quiconque de me déshonorer.
  • Utile. Et c’est tout ?
  • Je n’en sais rien. Cette armure est un héritage, et je ne l’ai pas depuis longtemps.

Fushuto admira longuement le travail effectué sur l’armure de Tamashi. Le métal avait été travaillé à plusieurs endroits. L’ensemble constituait quasiment une seconde peau à son porteur. Les nombreuses plaques de jade étaient sculptées en forme de crabes, un modèle qui aurait une valeur inestimable déjà sans pouvoir magique.

Fushuto perdit le sens de ses réflexions. La voix d’un de ses amis s’élevait à proximité. Kobayshi devait insulter le Pégase. Takagi parlait lui aussi. Non ! Il incantait ! Une déflagration se fit entendre, puis suivit le silence… Des gardes couraient dans le camp. Un juron incompréhensible provint de l’extérieur de leur cellule. Fushuto espéra que ses amis allaient bien.

Comment libérer mes amis ?

Shise, de son point d’observation, regarda le camp jusqu’au crépuscule. Les choses s’étaient encore compliquées. Avec les bushis Pégase en plus, tout plan d’intervention devenait impossible. Seul, il ne pourrait jamais libérer ses amis. Et s’il restait ici, il finirait par subir le même sort que ses compagnons. Il fallait trouver de l’aide. Il décida de retourner chercher des hommes auprès de Kirimi, le jeune Licorne rencontré au village, où des rônins avaient essayé de tuer Fushuto. Mais sans cheval, le voyage durerait au moins deux semaines ! Peut-être que ses amis seront morts d’ici-là. Shise tourna les talons et s’en alla avec un pincement au cœur. Il marcha une grande partie de la nuit.

A l’aube, il s’arrêta à la lisière de la forêt. Il s’assit, fouilla dans son sac, en sortit quelques fruits secs qu’il mangea en contemplant le paysage. Les reflets du soleil sur une surface polie attirèrent son regard. Curieux, il avança pour voir ce qui reflétait le soleil. Un katana était a demi enterré dans le sol fraîchement retourné. Il écarta les mottes de terres scellées par la rosée matinale. Une armure violette apparut peu à peu. L’arme était maintenue par une main de femme. Il recula précipitamment. La tombe, vu sa taille, devait contenir une bonne dizaine de corps ! Il se remémora les paroles de Kirimi : dix vierges de batailles étaient parties dans les terres du clan Pégase, et apparemment, elles n’avaient jamais atteint les frontières de leur propre clan. Il recouvrit de terre le corps, puis grâce à un morceau d’écorce, il marqua la tombe. S’agenouillant, il pria un bref instant pour le salut des âmes des pauvres guerrières enterrées ici. Il se releva, et récupéra son sac. Une voix douce et mélodieuse l’interpella :

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    Une prière entendue

    Noble bushi ?

Il se retourna. Une femme d’une incroyable beauté se tenait devant lui. Son regard se posa sur lui, il y lut une immense sagesse qui ne correspondait pas à la jeunesse de la personne qui se tenait face à lui.

  • Tu as donné à dix de mes enfants le repos.
  • Ce n’est rien, n’importe quel samouraï l’aurait fait, répondit Shise.
  • Pourtant, je crois que des amis a toi sont dans le besoin. Et malgré cela, tu as pris le temps d’accomplir ce geste généreux. Pour cela je te remercie. Comment puis-je exprimer ma gratitude ?
  • Vous l’avez déjà fait.

Il allait se retourner et partir lorsque la femme le rappela :

  • Matsu Shise, tu n’as pas l’air de savoir qui je suis. Ce n’est pas grave, j’exaucerai quand même ta volonté profonde.

La femme disparut sous les yeux de Shise ébahi. Des voix familières venaient de derrière lui. L’une d’elle plus que les autres. Il se retourna : devant lui se tenait une cinquantaine de bushis de sa famille, et à leurs têtes sa sœur ! Sans contenance, il se dirigea vers elle, et l’embrassa. Elle se racla la gorge :

  • Peux-tu me lâcher ? Mes guerrières risquent de ne pas apprécier que tu ne fasses pas de même avec elles.

Cette réflexion fit rire l’ensemble des femmes réunies autour du bushi. Il rougit et libéra sa sœur de son étreinte.

  • Si tu m’expliquais ce que l’on fait ici, demanda sa sœur.
  • C’est une longue histoire, répondit Shise. Mais je suis content que tu sois là.
  • J’ai cru comprendre… lui répondit-elle avec un clin d’œil.

Shise lui expliqua toute l’affaire. Sa sœur lui proposa de l’aider. Shise remercia silencieusement l’apparition. Elle avait su interpréter sa volonté plus qu’il en aurait été capable.

Le soir la troupe Lion se mit en route, les samouraï-ko [3] entonnèrent un champ de guerre, montrant ainsi l’impatience du combat. Shise sourit. Les traîtres du campement n’étaient pas au bout de leurs peines avec les furies qui l’accompagnait ! La victoire ne faisait aucun doute, il souhaitait juste arriver à temps pour ses amis.

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[1Grande hache de combat.

[2Personne née hors de Rokugan.

[3Samouraï au féminin.

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