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La jeunesse d’un paladin

D 17 mars 2003     H 00:54     A Melchior     C 0 messages


Voici comment un paladin d’une nature assez particulière a vecu avant de rencontrer le groupe d’aventuriers avec qui son destin sera scellé.

Année de la Flamberge, pendant l’hiver d’Aurile

Dans les lointaines contrées du Val de Bise, plus précisément près de Dix Cités...

Luskan, une des villes les plus importantes de la contrée, nichée dans un grand désert gelé, la cité où seuls des réfugiés vivent, la patrie de ceux qui n’en ont pas. Les hautes murailles de la ville dominent la plaine gelée et les différentes routes commerciales qui, en cette saison, restent très souvent vides de toute présence. Pourtant, ce jour-là, la silhouette d’une femme se dessinait à l’horizon, avançant avec peine dans la neige. La femme tenait contre son sein un bébé. Devant les portes, les gardes se demandaient ce que pouvait faire une femme seule, si loin de toute civilisation. Le corps de garde fit dépêcher un cavalier vers l’inconnue qui, tant bien que mal, continuait d’avancer. Le cavalier mit une vingtaine de minutes pour se porter au niveau de la femme qui n’avançait plus. Le soldat descendit de sa monture, juste à temps pour retenir la femme qui s’effondra dans ses bras, laissant choir son précieux chargement. En heurtant le tapis neigeux, le bébé émit un râle à peine perceptible. Inquiet, le jeune soldat chargea la femme en travers de la selle de sa monture, emmitoufla le nourrisson dans sa cape et se dirigea vers la ville. A l’entrée, les deux gardes restés en poste prévinrent leur capitaine de l’arrivée imminente de la femme. Le capitaine se leva de son siège près de l’âtre avec un juron, puis alla voir de plus près ce que le cavalier rapportait. Le soldat mit pied a terre et tendit le bébé au garde, avant de descendre la femme de la selle. Le capitaine se dirigea vers la femme inconsciente. Sa respiration était faible et son pouls extrêmement lent.

  • Allez donc chercher un médecin, dit-il à un des gardes.

Celui-ci s’empressa d’obéir. Il partit en courant vers la caserne où le chirurgien de la garnison résidait. Le garde qui tenait le bébé poussa un petit cri.

  • Que se passe t-il ? Aurais-tu peur d’un enfant ?

La remarque du capitaine fit glousser le cavalier toujours accroupi aux cotés de la femme. Le regard effaré de son comparse le fit s’interrompre. Le capitaine écarta la cape du cavalier. Le bébé avait une épaisse couche de tissu autour de lui mais le capitaine comprit la stupeur du garde en découvrant une peau épaisse et rugueuse comme de la pierre.

  • Laisse cette chose là-bas, et vient donc nous aider à mettre la fille près du feu.
  • Mais, capitaine ! L’enfant ?
  • Ceci n’est pas un enfant. C’est un démon. Alors obéis.

A contrecœur, l’homme posa le bébé à même le sol et aida l’autre garde à porter la femme inconsciente. Le chirurgien tardant, la femme reprit conscience.

  • Mon enfant... Mon enfant... émit-elle doucement.

Le capitaine se baissa.

  • La chose que vous portiez est votre enfant ?
  • Oui, où est-il ?
  • Le démon est dehors, femme.

La femme se mit à sangloter.

  • J’ai quitté Suzail à cause de tels préjugés... Et je retrouve la même chose ici...

La voix de la femme se faisait de plus en plus faible.

  • Dame Seluné entend ma prière...

Sa voix s’érailla de plus en plus pour n’être plus qu’un murmure.

  • Seluné, protège mon enfant...

La femme se tut et ne dit plus rien. Le capitaine tira sur son visage la couverture qui la recouvrait.

  • J’exaucerai ta dernière volonté femme, dit-il en touchant à son cou une médaille orné du symbole de la déesse Seluné.

Il sortit, ramassa le bébé. Lui aussi était en piteux état. De nombreuses gelures zébraient ses petites mains. Puis l’homme se dirigea vers le temple de sa divinité. Il laissa le nourrisson aux mains des religieux en leur glissant quelques pièces de cuivre et retourna à son poste. Les prêtres regardèrent un long moment l’enfant qu’on venait de leur apporter, une tache de naissance attira leur attention. Sur la peau ocre et rugueuse du bébé apparaissaient sept larmes.


Année de l’Etain Pourpre, le renouveau de Lathandre

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Un clerc
Forcément religieux,
certains clercs ont néanmoins
goût pour l’aventure.

Quelque part sur les hauts sommets de l’épine dorsale, un vieux prêtre au teint cireux gravissait la pente rocailleuse en s’appuyant sur son bâton. Son regard se porta au loin, vers l’horizon où les montagnes disparaissaient pour laisser la place à de grandes plaines verdissantes. Quelques plaques de neiges couvraient encore la lande. Le reflet du soleil blessait ses yeux, plus habitués à l’obscurité de la bibliothèque où il passait la plupart de son temps. Il repensait encore aux raisons qui l’avaient poussé à s’engager dans ces montagnes envahies de yétis, même si en cette saison ils se faisaient rares. Seul, il ne pourrait certainement pas aller bien loin dans ce milieu hostile. Heureusement pour lui, le patriarche Hezog de Seluné lui avait adjoint un jeune paladin. L’ancien temple de Luskan ne manquait pas de recrues. Aux premiers regards, la carrure du jeune paladin l’avait fortement impressionné, n’ayant pas vu le visage du jeune hiérophante car celui-ci portait un heaume du plus bel effet... mais qui masquait complètement son visage. Le premier soir, il avait eu un choc lorsque le jeune homme retira son heaume. Un visage dur et carré lui apparut, une peau rugueuse et ambrée, les vaisseaux saillants aux tempes identiques à des veines de quartz rose. Si sa première réaction fut le recul, il ne put s’empêcher d’éprouver une certaine curiosité envers le garçon qui l’accompagnait. De jour en jour, il en apprenait un peu plus, il connaissait maintenant les ascendants élémentaires de son compagnon. Deux jours plus tôt, ils avaient été attaqués par des gnolls. Le paladin, à un contre six, leur avait fait regretter de ne pas avoir été chasser l’élan. Le combat avait été bref, le guerrier saint n’avait pas fait de détail, alignant au sol ses deux premiers adversaires d’un seul coup de son épée bâtarde. Le style d’escrime n’était pas parfait, mais la force brute compensait l’inexpérience du jeune paladin. Les gnolls vite refroidis avaient préféré s’enfuir, fuyant le sifflement de l’épée qui les poursuivait. Au moins, avec un tel compagnon de route, se sentait-il en sécurité ! Malgré cela, le vieil homme regrettait que son compagnon de voyage ne soit pas plus loquace. La route serait encore longue jusqu’à leur destination finale. Le vieux prêtre s’était mis en quête d’une sainte relique. Selon ses informations, recueillies dans de vieux ouvrages poussiéreux, l’anneau de lune serait caché dans une vieille tour. Cet anneau avait été offert par la déesse elle-même à un prêtre de haut rang, puis il avait disparu dans une bataille contre un nécromant. Le mage l’aurait emmené avec lui dans la tombe. Il réprima un frisson d’angoisse, repensant à sa jeunesse où il avait dû affronter un tel ennemi. Cette relique est de la plus haute importance pour le culte, ils ne pourraient pas rebrousser chemin tant que cet anneau ne serait pas en sa possession. Perdu dans ses pensées, le vieil homme n’avait pas prêté attention au changement de luminosité qui annonçait le crépuscule. Ce soir, la lune serait pleine. La déesse veillera sur ses enfants chéris. Pendant de telles nuits, les membres de son clergé faisaient de grandes fêtes. En tant que patriarche de son ordre, il ne pouvait déroger à la règle. Ils interrompirent leur ascension et montèrent le camp. Puis, ensemble, ils préparèrent la cérémonie. Ils prièrent une grande partie de la nuit, nimbés de la douce lueur de la lune. Le lendemain matin ils se remirent en route pleins d’une énergie nouvelle.

Année de l’Etain, Pic Sollonite

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Un paladin
Large d’épaules et étroit d’esprit,
le paladin se fie autant à sa force
qu’en sa divinité.

Après deux semaines de voyages long et éreintant, les deux religieux arrivèrent enfin à destination. Une vieille tour de pierre noire et recouverte de lichen sur sa face Nord se dressait face à eux. Etonnamment, l’édifice restait en bon état. Selon le vieux prêtre, la construction datait d’au moins cinq siècles. Suspicieux, il demanda au paladin de faire le tour du vieux donjon pour essayer d’apercevoir des signes d’occupation. Quelques minutes plus tard le jeune chevalier revint faire son rapport. D’après lui, les portes n’avaient pas été ouvertes depuis plusieurs années. Le patriarche, rassuré, décida qu’il était temps d’agir. Les deux hommes se dirigèrent vers la porte qui leur faisait face. Le paladin mit quelques coups d’épaule dans la porte. Elle s’ouvrit dans un couinement angoissant. A l’intérieur, la pénombre ne permettait pas au vieux prêtre de voir grand chose. Malgré cela, le guerrier se dirigea sans hésiter vers un pan de mur d’où il décrocha une torche. Se servant du silex pendu à son cou, il l’alluma. Ce qui venait de se passer confirma les soupçons du patriarche. Depuis le début du voyage, il pensait que son compagnon était nyctalope. Le prêtre entra à son tour, il découvrit une pièce haute de plafond où le mobilier avait été détruit et brûlé par endroit, certainement à cause des combats. Le prêtre fut prit d’un pincement au cœur. Etait-il venu trop tard pour sauver la sainte relique ? Un détail attira l’attention du religieux : dans un coin de la pièce gisait des dizaines de paires de bottes. Le prêtre s’approcha pour mieux voir... Certaines était passées de mode depuis longtemps, mais les autres, elles, étaient à la dernière mode à Eaux-Profondes, lorsqu’il avait quitté la ville quelques mois plus tôt. Il inspecta le mur face à lui sans rien détecter d’anormal. Lorsqu’il voulut retourner auprès du paladin il se rendit compte que ses sandales étaient fixées à la dalle sur laquelle il se trouvait. Il essaya de se dégager, mais ses chaussures restaient collées au sol ! Il entreprit de les défaire. Au moment où il se baissa, il entendit comme des cliquetis de rouage qui s’actionnaient. Hésitant à se relever il redressa seulement la tête, au dessus de lui une petite trappe venait de s’ouvrir. Regardant les dalles voisines où il n’y avait pas de chaussures collées, il remarqua des traces sur la pierre : quelque chose les avait rongé. Il comprit avec effroi le principe diabolique du piège dans lequel il s’était fourré. La dalle émit une légère lueur bleue au moment où il lança son sort de détection de la magie, confirmant ses soupçons. La plaque de marbre blanc sur laquelle il était, avait été ensorcelée. Un sort de stase temporelle piégeant ainsi quiconque y poser les pieds, et lorsque on essayait de se dégager du piège, un acide puissant se déversait sur le pauvre prisonnier, épargnant les chaussures de la victime prise dans le sort de stase. Il appela son compagnon en évitant de faire le moindre mouvement :

  • Ektarek ?
  • Oui, messire Adrion ?
  • Je crois que je me suis mis en mauvaise posture, mon cher ami.
  • Que voulez vous dire messire ?
  • Je suis sur un piège. Surtout n’approchez pas !
  • Que puis-je faire ?
  • Donne-moi mon sac, je l’ai laissé près de la porte.

Le paladin s’exécuta promptement, et, du bout de son épée, tendit le sac au patriarche. Le prêtre fouilla dedans à la recherche d’une potion. Il sortit un flacon violet avec un soupir de soulagement, puis il but son contenu d’un trait :

  • Bon, j’ai détaché mes sandales, je vais sauter de coté. Mets-toi à l’abri, mon jeune ami.

Le paladin recula de quelques pas, puis s’immobilisa en retenant son souffle. Le prêtre compta mentalement jusqu’à trois avant de s’élancer. Au moment où le vieil homme décollait les pieds de la dalle de marbre, un jet d’acide se déversa là où il se tenait quelques secondes plus tôt. Il se releva en remerciant le marchand sembien qui lui avait vendu cette potion d’agilité. Le paladin l’aida a ramasser le contenu de son sac qui s’était renversé à côté de lui. Dans sa chute, plusieurs fioles aux précieux contenus s’étaient brisées. Le prêtre n’en avait cure, il lui restait toujours ses sorts. Mais il n’avait plus de chaussures. Les siennes le narguaient outrageusement à quelques centimètres de lui, à tout jamais collées sur cette dalle piégée. Il se maudissait intérieurement de ne pas avoir fait plus attention. Le paladin farfouillait dans son énorme sac à dos et en sortit une paire de bottes fourrées. Le prêtre le remercia. Décidément, ce jeune lui était très sympathique ! Il se chaussa, puis ils se mirent en quête de l’escalier qui menait à l’étage supérieur. Ils trouvèrent enfin ce qu’ils cherchaient derrière une énorme armoire. Un escalier en colimaçon, dont toutes les marches étaient étrangement usées, permettait d’accéder à l’étage. Le paladin s’y engagea le premier, avant de retomber lourdement sur le sol, aux pieds du prêtre qui ne put réprimer un sourire. Le jeune guerrier se releva en faisant craquer les jointures de son harnoi cabossé par l’impact. Il jura, puis reprit son ascension, avant de retourner immédiatement au sol. Cette fois-ci le prêtre ne rit plus. Il s’avança à pas agile vers l’escalier, étant toujours sous l’effet de la potion. Il entreprit de monter l’escalier en utilisant les extrémités des marches. Enfin à l’étage il déroula sa corde pour permettre au paladin de le rejoindre. Après plusieurs essais qui se soldèrent par des échecs et des jurons à faire pâlir des balors [1], le jeune prit pied sur le palier du premier étage. Le prêtre se dirigea vers la porte qui lui faisait face. Prudent il lança un sort de détection de pièges, la réponse fut négative. Il ouvrit la porte et se figea d’un seul coup. Le paladin, occupé à réajuster son armure, ne lut pas la terreur dans le regard du vieil homme. Il finit et se retourna à son tour et vit le vampire qui se dirigeait sur son compagnon. N’écoutant que son courage, il brandit son symbole religieux en espérant repousser le mort-vivant dont il pouvait sentir la puissante aura maléfique. En vain, le vampire dégaina une rapière à la lame rouge sang. Le chevalier sentit le mal émaner de l’arme. Pas assez rapide, il ne put éviter un coup vicieux au cou, la lame s’y planta profondément. Ektarek vit avec horreur la lame boire petit à petit son sang. Dans l’impossibilité de faire le moindre mouvement, il sentait ses forces l’abandonner. Il fléchit le genou.

Une idée lui traversa l’esprit : son compagnon devait être pétrifié par la présence maléfique du suceur infernal. Que lui disait le vieux maître MacGuist à Ce sujet ? Ses pensées se troublaient, sa vue déclinait. Il sentait la présence de la grande faucheuse de plus en plus fort. Puis le souvenir lui revint : l’aura de bravoure contre la terreur ! Il concentra ses dernières forces pour y faire appel. L’énergie divine emplit ses veines, une douce lueur pâle l’entoura. A ce moment, le prêtre se mit en mouvement, sortit son symbole et le vampire tomba en cendre. Ektarek s’évanouit, la lame toujours plantée dans son cou lui volant les dernières gouttes de vie qui lui restait. Le patriarche arracha la lame du cou du chevalier, puis il incanta en serrant de toutes ses forces les larmes de Seluné, son symbole religieux. Au bout de longues minutes, Ektarek revînt à lui, goguenard mais complètement remis de sa blessure, même la cicatrice avait disparu.

  • Félicitations ! Vous nous avez sauvé tous deux par votre présence d’esprit.

Il voulut répondre mais, seul un gargouillis sortit de sa gorge.

  • Ne vous inquiétez pas, votre voix reviendra dans peu de temps. Laissez mes soins finir d’agir.

Il marqua une courte pause :

  • Je ne pensais pas qu’un jeune paladin comme vous pourrait faire appel à l’aura de bravoure.

Il s’arrêta, puis voyant que son compagnon n’arrivait toujours pas à parler, il reprit la parole :

  • Vous m’étonnez beaucoup. Votre puissance dépasse largement votre niveau...

Il se tut. Ektarek était en train de remonter sa tunique pour y refixer son armure. Le prêtre écarta son col. Ahuri il bafouilla :

  • Les... larmes...

Il regarda fixement le jeune chevalier.

  • Vous êtes un aimé ?

Au regard surpris du jeune homme, il entreprit de lui expliquer ce qu’était un aimé. Il se lança dans grand discours théologique. Certains aimés qui naissaient avec cette marque était frappé de lycanthropie, les autres de folie. Mais apparemment Ektarek n’était affecté ni par l’une ni par l’autre des malédictions des aimés de Seluné. Il cessa enfin, puis il décida de préparer du lait chaud pour la gorge du paladin. Tout en regardant le contenu de la tasse ébréchée, il réfléchissait à la raison de la présence de la tache sur la peau de son jeune compagnon. Il était tant perdu dans ses pensées qu’il ne vit pas le lait bouillant déborder de la tasse. Ektarek toussa, le prêtre retira la tasse du foyer improvisé avec des morceaux de meubles brisés, puis la tendit au paladin. Celui-ci but doucement par peur de se brûler la langue, sa gorge était déjà abîmée, il aurait était dommage d’ajouter sa langue au tableau. De son coté, le prêtre continuait de réfléchir. Aucune réponse ne vint à son esprit. Il se leva, il sortit sa couverture. Ils resteraient ici pour la nuit, le repos permettrait à son jeune et intriguant compagnon de se reposer.


A l’aube

Le lendemain à l’aube, Adrion fut le premier éveillé. Il leva le sort de sanctuaire qu’il avait lancé la veille. Le jeune paladin dormait toujours. Le prêtre essaya de raviver le feu sans trop faire de bruit. La porte du fond de la pièce l’intriguait. La porte en bois ne présentait ni poignée ni serrure. Il décida d’attendre le réveil du guerrier pour pousser son enquête plus loin. Il s’agenouilla et pria sa déesse pour qu’elle lui accorde les sorts dont il aurait besoin aujourd’hui. Comme à son habitude, Seluné lui répondit, le prêtre sentait en lui le pouvoir divin que l’on venait de lui accorder. A la fin des litanies coutumières, il se releva, époussetant sa robe et entreprit de préparer un petit déjeuner pour lui et le jeune chevalier encore endormi. Le paladin se réveilla, l’odeur du lait chaud lui chatouilla les narines. Il savait très bien que se lait était une création magique due au prêtre, mais frôler la mort ouvrait l’appétit ! Il s’assit et eut le plaisir de découvrir que sa voix était revenue. Il mangea des biscuits et partit dans un coin de la pièce entamer ses litanies rituelles. Après un bref instant il sentit le flux divin monter dans son corps avec plus d’importance que d’habitude. Certainement que sa déesse le remerciait d’avoir éliminer un ennemi aussi malfaisant que le vampire.

Il se releva, et se dirigea vers le prêtre qui se tenait près d’une porte sans poignée. Le prêtre, circonspect, regardait attentivement le mûr adjacent à la porte. Il remarqua une fente à droite de la porte, inspiré il se saisit de la rapière du vampire et l’introduit dans la fente. La porte s’ouvrit et l’épée maléfique se désagrégea. Derrière la porte un nouvel escalier. Il décida de passer le premier, et atteignit le palier supérieur sans encombre. Il en informa le guerrier qui le rejoignit. Ils se trouvaient dans une pièce plus étroite que les deux autres. L’atmosphère était chargée d’une odeur de pourrissement et de formol. Le prêtre avança, torche en main. Il découvrit le responsable de l’odeur : un cadavre à moitié décomposé, assis sur une chaise. Le prêtre identifia le début d’un golem de chair. Apparemment, son concepteur n’avait pas eu le temps de l’achever. Il jeta un rapide coup d’oeil sur les étagères voisines, sans voir quoi que ce soit d’intéressant. Pendant ce temps-là, le paladin s’approchait du golem immobile. De la pointe de son épée il déplaça un morceau de chair putréfié. Adrion voulut lui dire de ne pas trop toucher à la chose, mais la fin de sa phrase mourut sur ses lèvres. Le golem se levait de son siège ouvrant des yeux morts sur l’impudent qui osait le déranger. Le chevalier eut un mouvement de recul, puis s’abrita derrière son écu, anticipant l’attaque de la créature. De son coté, Adrion essayait de se remémorer la façon de détruire de telles créatures. Ektarek ripostait tant bien que mal aux attaques de la créature, mais ses coups d’épée restaient sans effet. La créature continuait de marteler le bouclier, laissant la trace de ses poings dans le métal. Adrion pensait avoir une solution : il lança un sort de dissipation de la magie. Malheureusement, le sort ne fit que glisser sur le monstre. Le golem continuait de harceler le guerrier, et finit par l’acculer à l’escalier. Le bouclier commençait à se fendre par endroit. Adrion tenta d’enchanter la lame du chevalier, et y réussit. Les coups du paladin avaient enfin une influence. Adrion sortit sa masse, puis chargea à son tour, permettant ainsi de prendre définitivement l’avantage. Ils furent obliger de débiter la créature en petit morceaux pour qu’elle arrête de se mouvoir. Enfin, les membres du golem s’immobilisèrent. Ektarek émit un soupir de soulagement. La mort rodait vraiment de partout dans cette tour.

Adrion reprit ses recherches pour trouver l’accès au dernier étage du donjon. Ses efforts furent récompensés lorsqu’il actionna un levier derrière le siège du golem. Un pan de mur bascula, laissant apparaître une échelle aux barreaux fixés dans la paroi de l’édifice. Ektarek appréhenda la solidité de l’échelle, puis s’engagea dans le boyau étroit qui montait dans des ténèbres insondables. Prit d’une angoisse, le paladin se figea en haut de l’échelle, puis prit pied dans la salle obscur. Il dégaina son arme, prêt a tout. Adrion finit son ascension à son tour, et invoqua une sphère de lumière pour éclairer la pièce. Une fois éclairée, ils remarquèrent que la pièce était plus grande que les autres. Elle était entièrement vide à l’exception d’un bureau et d’un fauteuil dont seul le dossier était visible de l’endroit où ils se tenaient. Le prêtre avança le plus silencieusement que sa brigandine le lui permettait. Arrivé a deux mètres du bureau, le fauteuil se retourna, laissant voir un squelette aux ossements noircis par le temps. Adrion se méfiait, un fauteuil tourne rarement de sa propre volonté. Regardant attentivement le squelette, il remarqua à son doigt un anneau finement ciselé où l’on pouvait voir des runes anciennes. L’objet de sa quête était enfin devant lui, son labeur n’aura pas été inutile. Toute méfiance évanouie, le prêtre avança vers la relique tant convoitée. Les yeux du squelette s’allumèrent d’une lueur rouge, et le sommet de son crâne s’enflamma. Adrion recula. Un liche ! Une des créatures honnies les plus dangereuses de Féerune. Le paladin, grandi de l’expérience du vampire, utilisa immédiatement de son aura de bravoure en voyant le regard du prêtre. Puis il s’avança pour se mettre en position d’attaque. De son coté le prêtre préparait un sort de soin, le plus puissant qu’il connaissait. Il savait que les sorts de soin faisaient de gros dommages aux morts-vivants. Il espérait seulement que son adversaire n’y serait pas immunisé. Le nécromant, défunt depuis des lustres, regarda tour à tour le guerrier et le prêtre avant d’ouvrir la bouche. Il émit un rire strident propre à glacer le sang de quiconque. N’écoutant que son courage, Ektarek chargea en sautant sur le bureau du monstre. Le mal suintait tout autour de la créature. Réagissant à l’assaut, elle lança un sort de protection qui projeta le paladin de l’autre coté de la pièce. Le prêtre profita de la diversion pour toucher la liche et lancer le sort qu’il avait préparé. La créature gronda ; à sa grande surprise, le prêtre regarda incrédule sa main se décrépir, prenant une apparence desséchée. Le paladin revint, telle une furie, portant un fantastique coup d’épée à la créature déjà affaiblie par le prêtre. Le crâne explosa sous l’impact et la liche tomba en poussière. Ektarek accourut auprès d’Adrion pour essayer une imposition des mains. Le résultat ne fut pas exceptionnel. Mais le prêtre reprenait ses esprits au fur et à mesure. Il finit par se relever, regarda sa main momifiée, horrifié et terriblement abattu. Il ramassa l’objet qui lui avait tant coûté et le passa à son doigt. Il sentit une sorte de fraîcheur l’envahir. Ébahi, il vit sa main redevenir comme avant. Il sourit, remercia le jeune paladin et lui demanda de sortir au plus vite de cet endroit maudit. Ektarek s’engagea sur l’échelle. Pendant ce temps-là, Adrion regardait fixement l’anneau. Etrangement, il eut une impression bizarre. Il regarda à coté du boyau qui abritait l’échelle. Une inscription était gravée à même la pierre.

Seul un porteur de l’anneau pourra ressortir de ma tour sans être projeté vers son destin.

Un piège. Il se redressa et appela son compagnon, qui continuait de descendre. Sur le passage du paladin, une rune s’illumina. Le prêtre avait réagi trop tard. Un vortex se forma au dessous du paladin et l’aspira, l’entraînant vers les abîmes et l’inconscience. Adrion regarda, interdit, son jeune compagnon disparaître. Il sortit son symbole de sous sa robe et pria dame Seluné de veiller sur le jeune chevalier. Puis il descendit à son tour l’échelle. Une fois en dehors de l’édifice, il reprit la route de Luskan. Arrivé à une centaine de mètres du donjon, il perçut une vibration. Il se tourna pour voir la tour sombrer dans une faille béante. Le phénomène cessa, laissant de l’édifice que quelques pierres noircies. Ainsi s’achevait sa quête. Au fond de lui, il savait que celle du paladin ne faisait que commencer.


Perdu dans le désert

Ektarek revint à lui. Il avait l’impression qu’un troupeau de bœufs défilait sous son heaume. Il se releva lentement, le sol essayait de se dérober sous ses pieds. Il regarda tout autour de lui : une mer de sable et de rocailles l’entourait, le ciel nocturne clair et sans nuages éclairait le désert environnant. Au loin il lui sembla apercevoir les lueurs d’un campement. Il se dirigea droit dessus, espérant rencontrer quelqu’un qui pourrait le renseigner sur l’endroit où il se trouvait.

Au campement, deux soudards de Château-Zhentil montaient la garde en se racontant des blagues salaces. Les deux mercenaires perçurent un bruit provenant de derrière la dune situé sur leur droite, un tintement métallique venant droit sur eux. Ils dégainèrent leurs armes de concert, quelqu’un venait à leur rencontre. Inconscient de la présence des sentinelles, le paladin continuait d’avancer vers les lumières des feux de camps. Apparemment des dizaines de tentes étaient installées dans le désert. Franchissant la dune il vit les deux soldats armes dégainées. Il s’avança encore un peu lorsque l’un des deux hommes lui somma de s’arrêter :

  • Halte ! Qui êtes vous ?
  • Je me nomme Ektarek, et je me suis égaré. Pouvez-vous me dire où je suis ?

Le garde haussa les sourcils. Visiblement, ce type là devait souffrir d’une insolation.

  • Vous êtes dans le désert d’Anauroch, messire chevalier, dit-il d’un ton sarcastique. L’autre soudard pouffa de rire.
  • Quel est la cause de votre hilarité ?

Devant la franchise de son interlocuteur le soldat resta perplexe une seconde.

  • Comment êtes-vous arrivé là ?
  • Je ne sais pas vraiment, je me rappelle d’un portail lumineux, et plus rien. Je suis revenu à moi à proximité de votre camp. Je voudrais simplement passer la nuit à l’abri.
  • Je ne pense pas. Mais considérez-vous en état d’arrestation.
  • Pour quelle motif, spadassin ?
  • Pour espionnage. Notre capitaine vous jugera demain. En attendant déposez vos armes au sol.

Résigné, le paladin s’exécuta. S’il avait vu le camp de jour, il aurait identifié la bannière des Zhentillars. La donne aurait alors été différente. Pour l’instant il se laissa escorter. Arrivé devant une tente gardée par deux autres soldats, on le poussa sans ménagement à l’intérieur. A l’intérieur, une paillasse était la seule trace de confort. Il décida de dormir un peu en attendant la suite des événements.

Il se réveilla à l’aube. Au loin, des bruits de pioches résonnaient. Ses geôliers devaient construire quelque chose. Il entreprit ses prières matinales. Satisfait, il se redressa quelques minutes plus tard. Seluné venait de lui accorder un peu plus de pouvoir divin qu’usuellement. Il attendit pendant des heures qui lui semblèrent une éternité. A la mi-journée, on lui apporta une miche de pain sec et de l’eau terreuse. Puis, quelques heures plus tard on vint le chercher. On le mena à une grande tente, apparemment celle du commandant du camp. Le garde qui l’accompagnait le fit entrer. A l’intérieur, l’air était plus frais. Un parfum floral agréable y flottait. Une femme en armure regarda le paladin avec un sourire amusé. Ses longs cheveux encadraient un visage aux formes équilibrées, ses yeux malicieux et pétillant semblait percer les tréfonds de son âme. Ektarek resta pantois devant la belle femme, puis prit conscience d’un fait étrange : elle n’avait aucune aura. Intrigué, le paladin esquissa un salut martial :

  • Mes hommages ma dame.

Elle lui rendit son salut en inclinant la tête.

  • Bonjour messire. Je refusais de croire mes hommes quand ils disaient avoircapturé un espion. Je pense que vous n’en êtes pas un. Un noble paladin ne pourrait en être un.
  • Et comment avez-vous deviné mon statut ?
  • Je suis moi-même paladin de Thyr, dit-elle.

Le paladin acquiesça. Elle sourit de plus belle. Le seigneur Baine, son dieu, ne lui en voudrait pas pour un si petit mensonge. Le paladin reprit la parole :

  • Je suis content de tomber sur un digne représentant de Thyr. Je me croyais perdu dans ce désert à la merci de nomades inhospitaliers.

Intérieurement, elle jubilait. Un cadeau du ciel : un paladin naïf !

  • Excusez-moi, je manque à tous mes devoirs d’hôtesse. Prenez un siège, installez-vous. Désirez-vous un rafraîchissement messire... ? J’ai mal saisi votre nom.
  • C’est ma faute, ma dame, je ne me suis pas présenté. Je me nomme Ektarek de Seluné.

Le jeune guerrier était aux anges, une telle beauté, et courtoise par dessus le marché. Elle se demandait si le jeune homme ne pourrait pas la débarrasser des gêneurs envoyés par les Ménestrels. Elle savait qu’ils étaient cachés non loin du campement. Elle plongea son regard dans celui de son interlocuteur, et fit usage de suggestion, sa spécialité :

  • Mon cher, j’aurais besoin d’un service.

Le paladin la regardait béatement restant accroché au moindre mouvement de ses lèvres.

  • De dangereux criminels me poursuivent, moi et mes hommes, et j’aimerais que vous m’en débarrassiez. Enfin, je veux dire, que vous les arrêtiez pour passer en jugement.

Le paladin hocha la tête.

  • Bien sûr, je ne peux rien vous refusez.

Satisfaite, elle sortit de son coffre les armes que ses hommes lui avaient remises après l’arrestation du paladin :

  • Prenez vos armes, mon champion, et rendez la justice au nom de B...

Elle bafouilla et se reprit :

  • Au nom de Thyr !

Le paladin, sous le charme, se saisit de sa lame et de son écu cabossé, et sortit de la tente. Elle le rattrapa pour lui indiquer où chercher, puis, satisfaite, retourna dans sa tente. Parfois Tymora avait de drôle façon de s’exprimer, pensa t-elle avant de rire.


Les aventuriers

Sur une haute dune, Kéry Méril, une jeune archère elfe, regardait le camp Zhentil au dessous. Ses compagnons de route se reposaient un peu plus loin. Farnor, le prêtre nain se brossait la barbe pour chasser les grains de sable qui s’étaient coincés à l’intérieur. Enoch, un sorcier elfe, mâchouillait un biscuit sec qu’il partageait avec Thorgûl, un pseudo-dragon qui dévorait à belle dent les miettes que son maître lui lançait. De son côté, Enael, le guerrier humain, faisait une sieste après son tour de surveillance du campement ennemi. La petite compagnie avait été dépêchée ici pour surveiller les fouilles du Zhentarim. Selon le sage Elminster de Valombre, les Zhents cherchaient dans les sables un puissant artefact. Les Ménestrels leur avaient demandé de récupérer l’artefact par tous les moyens possibles. Pour l’instant toute action était impossible. Quelques jours plus tôt, ils avaient été attaqués par des moines de Baine, ils avaient perdu un membre du groupe, un autre elfe. Le pauvre rôdeur, inexpérimenté, était tombé au champ d’honneur face à de tel ennemi. Ses compagnons l’avaient enterré dans le désert, après une brève cérémonie. Depuis, la morosité était de mise. Leur bonne humeur s’était envolée en même temps que l’âme de l’elfe. Farnor bougonnait, comme à son habitude, pestant contre le sable. Des jurons en langage nain fusaient. Enoch écoutait, il parlait le nain, et comprenait son pauvre ami tout en appréciant l’imagination verbale de son compagnon. Lui-même rêvait d’un bain dans la rivière de son enfance, celle de ses forêts natales. Au moins, là-bas, le soleil ne brûlait pas la peau, ni ses yeux sensibles. De son côté, Enael soupirait doucement dans son sommeil. Dans son esprit, les chopes de bières fraîches faisaient une ronde autour de lui. Mais malgré sa soif, il n’arrivait pas à s’en saisir. Il se réveilla en sursaut, provoquant l’hilarité du nain.

  • Alors, l’humain, tu cauchemardes ?
  • Non, du moins pas avant que je n’entende ta voix.

Le nain saisit son marteau de guerre et le brandit sous le nez de l’insolent humain.

  • Veux-tu entendre la voix de mon marteau, humain ?
  • Allons, calmez-vous, ça ne sert à rien de nous battre entre nous !

Le sorcier s’était interposé pour éviter que les choses s’enveniment. Le nain regarda méchamment l’elfe puis baissa son arme. Enael alla rejoindre Kéry au sommet de la butte. Enoch leva les bras au ciel, se demandant pourquoi les dieux avaient donné un caractère aussi irascible au nain. Le prêtre se rassit et se saisit de sa petite brosse pour finir ce qu’il avait entrepris. Kéry regardait en contrebas les humains qui creusaient le sable, mettant à jour des ruines anciennes. Elle sentit une présence derrière elle. Aussi vive qu’un chat, elle se retourna, empoignant son agresseur par le cou, un cimeterre s’était matérialisé sous la gorge d’Enael.

  • Kéry, c’est moi ! dit-il, déglutissant avec peine.
  • Je sais. La prochaine fois n’embête pas le nain.
  • Comment...

Question stupide, et il le savait. L’ouïe fine des elfes était légendaire dans tous les royaumes. Elle le lâcha et reprit son observation silencieuse. L’humain la rejoignit pour observer le site de fouille.

  • Alors ? Y a-t-il du nouveau ?
  • Non, rien.

L’elfe ne s’embarrassait jamais de longue phrase. Un détail attira leur attention. Un prisonnier était mené à la tente de l’anti-paladin, Silua de Baine, le chef du détachement Zhents. Leurs regards se croisèrent et Enael décida d’aller prévenir les autres membres du groupe. Au pied de la dune, les avis étaient mitigés, le sorcier pensait qu’il s’agissait d’un déserteur, ou d’un ouvrier non discipliné. Le prêtre, pour sa part, pensait qu’il fallait aller libérer cet allié potentiel. Enael préférait attendre un peu, avant de décider quoi que ce soit. Les décisions hâtives pouvaient être dangereuses. Une heure plus tard Kéry prévint que le prisonnier ressortait de la tente. Tous se dirigèrent en haut de la dune pour observer. Puis ils virent venir le prisonnier dans leur direction, épée au clair. Les deux elfes, qui avaient la vue la plus aiguisée, décrivirent aux deux autres le chevalier qui s’avançait vers eux.


Confrontation

Ektarek se dirigeait vers la plus haute dune du secteur. De là, il pourrait trouver les mécréants qui osaient importuner la noble dame. Le soleil chauffait les plaques de son armure. Il n’en avait cure, il était pressé de mener à bien la mission confiée par le paladin de Thyr. Au sommet, il remarqua un mouvement. Il plissa les yeux pour voir ce qui se tramait. Ne voyant rien de plus, il continua de gravir la dune. Une flèche se planta à ses pieds, il s’écarta vivement et chercha du regard d’où pouvait provenir cette flèche. Il avança. Au sommet l’attendaient trois personnes. Un nain, un humain et un elfe. Aucun d’entre eux n’avait d’arc, il se doutait qu’un quatrième larron se cachait, le tenant en joue.

  • Au nom de Seluné vous êtes en état d’arrestation.

Les trois personnes en face de lui le regardèrent avec des yeux ronds !

  • Et qui êtes-vous, sire chevalier ?

La voix venait de derrière lui, une elfe venait de surgir, elle devait se dissimuler grâce à la crête de la dune, pensa le paladin. L’arc de l’elfe était tendu, pointé dans sa direction.

  • Ektarek, paladin de Seluné. Déposez vos armes, je jure sur mon honneur que, si vous obtempérez, aucun mal ne vous sera fait.
  • Et t’es tout seul, boite de... ?

L’elfe venait de mettre un coup de coude au nain, l’empêchant de finir sa phrase. Elle aurait certainement fini sur un juron dont Farnor avait le secret. Le sorcier reprit la parole.

  • Noble paladin, je pense que vous commettez une erreur. Notre présence n’est motivée que par le bon droit, et le châtiment des Zhents présents dans ce camp.

Voyant l’air suspicieux du chevalier, il rajouta :

  • Si vous êtes vraiment celui que vous dites être, vous savez que je ne mens pas.

Le paladin vérifia. Il était sincère. La suggestion du suppôt de Baine perdait l’emprise sur lui. Il rengaina son arme, l’elfe baissa son arc.

  • Alors pourquoi une noble paladin m’aurait-elle envoyé vous arrêter ?

Enael regarda le chevalier et dit :

  • C’est un suppôt de Baine.

A ces mots, le paladin secoua la tête. L’enchantement était levé. Conscient de son erreur, il présenta des excuses au groupe accusé à tort. Farnor fut le plus difficile à convaincre. Grommelant dans sa barbe, après maintes négociations avec Enoch, il finit par accepter.

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[1Sortes de démons.

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