Crazy Orc, jeu de rôles et de figurines à Lyon
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L’ennemi se présente

D 23 juin 2003     H 16:50     A Melchior     C 0 messages


Pendant ce temps, au camp Licorne, les deux capitaines buvaient du saké. Le Pégase avait les traits tirés et une partie des cheveux brûlés. En regardant à l’extérieur, il fulminait.

  • Pourquoi le daimyo ne veut-il pas qu’on les élimine ?

Son collègue Licorne le dévisagea et finit d’un seul trait son saké. Il secoua la tête et ressenti la brûlure que lui avait infligée le Phénix quelques heures plus tôt. Il grimaça.

  • Je ne sais pas, mais le daimyo doit certainement avoir son idée sur leur utilisation future.

L’autre le regarda un instant. Tous deux étaient en piteux état. En voulant molester les prisonniers, ils s’étaient eux-mêmes fait du mal ! Son pied douloureux était dû à ce fichu Crabe. Quant aux brûlures, le Phénix avait faillit les carboniser totalement ! Dure journée, se dit-il. Il reprit la bouteille et vida son contenu dans sa tasse. Ils restèrent silencieux un instant. Le Licorne se leva et se dirigea vers la paroi de papier de la maison. Il l’ouvrit pour faire entrer un peu d’air. L’humidité ambiante en sus des blessures était plus qu’insupportable ! Le Licorne regardait le soleil se coucher derrière les montagnes Juro-Jin. Son compagnon s’approcha et regarda lui aussi le panorama. Puis ils retournèrent s’asseoir. Un léger raclement se fit entendre et un des gardes entra précipitamment :

  • Capitaine ! Une délégation du clan Pégase arrive ! A en croire leurs bannières, c’est le daimyo !

L’arrivée du daimyo

Tous deux se regardèrent, et se levèrent pour remettre un peu d’ordre dans la pièce. Ils sortirent alors pour préparer les troupes à l’arrivée d’un haut dignitaire. Au sommet du défilé, des cavaliers porteurs de bannières annonçaient l’arrivée de leur daimyo. Un homme assez âgé prit la tête du cortège constitué d’une vingtaine d’hommes en armes. Le daimyo Matsuhiro arrivait, son magnifique étalon de guerre s’immobilisa au milieu du camp. Il jeta un coup d’œil circulaire dans le camp. Ses hommes avaient fière allure par rapport à ces pitoyables Licornes ! Il descendit de cheval, aidé par un de ses gardes. Il s’avança vers son capitaine d’un pas décidé et franc.

  • Capitaine Samigami ! Que s’est-il passé ? Avez-vous vu votre tête ?

L’interlocuteur baissa la tête. Son daimyo le dévisagea un instant et se retourna vers le Licorne qui accompagnait son homme.

  • Eh bien ? En plus des cheveux, avez-vous aussi perdu la langue ?
  • Non, Matsuhiro-san. Les prisonniers nous ont joué un sale tour.
  • Et que peuvent faire des hommes attachés contre des samouraïs en armes ?

Le capitaine Pégase voulut répondre mais se ravisa en pensant au déshonneur que d’avouer ses actes causeraient. Mais le Licorne reprit, pensant se défendre :

  • Matsuhiro-san, deux d’entre eux sont des shugenjas [1] et ils ont usé de magie sur nous quand nous voulions les interroger...
  • Imbécile ! trancha le daimyo sur un ton qui avez perdu tout ton humoristique. Ne vous avais-je pas dit de les faire prisonnier et de me laisser régler ce problème ? Mais vous êtes trop idiots pour écouter !

Le Licorne rentra la tête entre les épaules. Le capitaine Pégase n’en menait pas large non plus.

  • Menez-moi a eux ! Et vite !

Ils se dirigèrent vers les cabanes où nos quatre héros étaient retenus prisonnier. Le daimyo poussa la porte du pied. Il fit demander une torche, regarda les prisonniers de la première cabane, puis se dirigea vers la seconde. Il ressortit de la deuxième rouge de colère. Et sans mot dire, demanda aux deux hommes de le suivre dans la maison. Il en ouvrit la porte sans ménagement puis s’assit l’air furieux.

  • Vous êtes deux sombres crétins ! Où sont les deux qui manquent ?

L’air hagard le Licorne tenta de bredouiller quelque chose mais le daimyo reprit la parole :

  • Je vous avais dit qu’ils étaient six ! En plus d’être aussi bêtes qu’un ogre, vous ne savez même pas compter ! Qu’ai je fait aux Fortunes pour mériter ça ?

Les deux capitaines baissèrent la tête de concert, écoutant leur daimyo les insulter pendant une bonne heure. Puis la paroi de papier glissa insensiblement, laissant pénétrer une légère brise d’air. Le daimyo se tut un instant, regardant derrière les deux hommes, toujours têtes baissées. Puis lui-même inclina la tête en guise de salutation à l’entité qui venait de pénétrer dans la pièce.

Un chef diabolique

Une ombre de trois mètres se tenait derrière les hommes, de longues griffes à la place des mains.

  • Maitre, asseyez vous, dit le daimyo en s’inclinant respectueusement.

L’ombre émit un grinçant simulacre de rire. Puis elle se dirigea vers le Licorne qui tremblait de peur, elle lui arracha la tête d’un revers nonchalant et alla s’installer à la table, laissant les deux hommes pleins de stupeur et d’effroi. La tête du Licorne s’immobilisa aux pieds du capitaine, une expression de terreur à tout jamais figée sur son visage. Le capitaine Pégase retint une montée de bile et essaya d’avoir l’air le plus digne possible. L’ombre étira ses longues jambes puis déboucha la bouteille de saké sur la table. Elle en renifla le contenu avant de la projeter contre un mur. Le daimyo resta insensible et regarda fixement l’ombre assise en face de lui. L’ombre fixa un moment le fond de la pièce puis émit une série de grincements incompréhensibles. Un nuage se forma à l’endroit où l’ombre regardait quelques secondes auparavant. Puis lorsque la fumée se dissipa, Shugaï apparut au daimyo et au capitaine Pégase. Il regarda, ébahi, les personnes autour de lui et bafouilla :

  • Mais où suis-je ?

L’ombre ricana et lui répondit :

  • Avec tes nouveaux alliés.

Estomaqué, il ne sut que répondre. L’ombre expliqua aux autres la présence de Shugaï en ces lieux et ses modestes contributions. Puis elle se leva et disparut dans un nuage de fumée mêlée de plaintes surgies d’on ne sait où. Tous trois restèrent immobiles un instant. Puis le daimyo se leva. Il ouvrit la porte de la maison et dit :

  • Eh bien, bienvenue parmi nous. Mais prend garde a toi ! L’erreur n’est pas permise ici, Scorpion !

Le daimyo se dirigea vers sa monture et repartit, suivi par son escorte. Une fois seul, le capitaine Pégase dévisagea longuement le remplaçant du Licorne décapité un peu plus tôt. Puis il lui fit signe de le suivre.

  • Suis-moi, Shugaï. Nous avons à parler. »

Les deux hommes fermèrent derrière eux et entamèrent une longue discussion.

Le plan des Lions

Pendant ce temps là, à quelques distances du campement Licorne, les Lions tenaient une réunion, discutant du plan d’attaque. Shise regardait sa sœur mener d’une main de maître la stratégie. Après tout, les Lions étaient connus pour leurs grandes capacités à l’art de la guerre. Le plan était simple : à l’aube, ils déferleraient sur le camp Licorne encore endormi et libéreraient les prisonniers. Puis ils fuiraient vers la montagne où ils pourraient prendre l’avantage sur les cavaliers adverses. Shise avait hâte de retrouver ses compagnons. Mais il avait peur pour sa sœur. Un pressentiment peut-être. Intérieurement, il se rassura : c’est une grande guerrière, elle n’as nul besoin que je me fasse du souci pour elle. Puis une fois la réunion terminée, ils décidèrent de prendre un peu de repos pour être frais et dispos pour le lendemain.

Dans la maison de l’ex-capitaine Licorne, le Pégase expliquait à Shugaï les tenants et les aboutissants du plan de l’ombre, mais tout en gardant certaines zones d’ombre sur le récit, par méfiance, et surtout car lui aussi n’en savait guère plus. Les armes étaient destinées à une force d’invasion constituée de diverses créatures provenant de l’outre-monde. Et la muraille du clan Crabe serait évitée par on ne celle quel moyen tordu sorti de l’imagination du cerveau de cette invasion, l’ombre elle-même. Pour la logistique, le clan Pégase avait été tout désigné. De nombreux artisans issus du clan Licorne l’avaient rejoint à sa création, et leur daimyo, un jeune homme plein de rêves de grandeur et de domination de l’empire d’Emeraude, avait facilement rejoint la cause. Mais, détail inquiétant, d’autres traîtres dans certain clan s’étaient joints à la cause. Le capitaine ne connaissait pas leurs identités mais l’un d’eux avait péri ce soir. Shugaï écouta toutes ces informations avec intérêt, le crime et la trahison avaient à son oreille de plus en plus d’attraits. Et puis maintenant, ses compagnons hors de l’enquête, il pourrait se consacrer à éliminer ceux au-dessus de lui pour prendre un poste plus important dans cette conspiration : le pouvoir et l’argent ne le laissait pas de marbre ! Lorsque le capitaine eut fini d’exposer les plans de l’ombre à Shugaï, il le mena à la chambre de feu le Licorne et lui souhaita une bonne nuit. Puis lui-même se dirigea vers sa chambre. Il décida de bloquer la paroi de sa chambre avec son porte-manteaux. On ne prenait jamais assez de précautions avec un Scorpion sous son toit.

Attaqués par surprise

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Attaque surprise

Leur sommeil fut bref. Aux premières lueurs de l’aube, des cris de guerre féminins retentirent dans le camp ! Le capitaine se leva en toute hâte mais il avait trop bien bloqué la porte de sa chambre ! Il se maudit intérieurement, et défonça la porte d’un coup d’épaule bien senti. La paroi vola en éclats sous l’impact. Il se rua à l’extérieur de la maison, mais c’était déjà trop tard. Les assaillantes avaient déjà fui en libérant les prisonniers. Elles gravissaient la montagne en poussant des cris guerriers et en narguant les hommes à peine réveillé. Le Pégase, fou de colère, se dirigea vers sa monture en vociférant des ordres à ses hommes, mais ils s’égaillaient en tous sens pour trouver leurs armes et leurs harnachements, tandis que d’autres dénombraient les morts. Le premier rapport faisait part de dix gardes morts et pas une seule assaillante. Quant à l’identité des attaquantes, certain n’avaient rien vu et ceux qui les avaient vu baignaient dans leur sang, dans l’incapacité totale de raconter quoi que ce soit. Le Pégase, enfin à la tête de ses hommes, sonna la charge. Son groupe partit à la poursuite des femmes qui avaient osé l’humilier de la sorte.

Shugaï, plus rapide que son nouveau comparse, avait vu les assaillants. Il s’était bien gardé d’intervenir sur le moment, et suivait discrètement les enragées qui avaient attaqué le campement. A leur tête, il avait reconnut Shise. A ses cotés, une femme, Lionne elle aussi. Son plan : la prendre en otage pour obliger Shise à se rendre. Il suffirait de guetter la bonne occasion, et apparemment, le Pégase allait lui fournir une bonne diversion. Il devenait vraiment diabolique ! Cette idée le fit rire. Une des femmes se retourna mais, ne voyant rien, continua son chemin. Elle attribua le rire à un oiseau inconnu. Mais cet oiseau-là n’annonçait rien de bon.

Cela, elle n’en savait rien.

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[1Des magiciens, rappelez-vous.

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