Crazy Orc, jeu de rôles et de figurines à Lyon
Vous êtes ici : Accueil » Souvenirs » Jeux de Rôle » Donjons & Dragons » Journal de l’expédition » Journal de l’expédition - 43e jour - Daranor, au coeur de la (...)

Journal de l’expédition - 43e jour - Daranor, au coeur de la guerre

D 14 mai 2012     H 17:21     A Maniack Crudelis     C 0 messages


Jour 43

Je me hâte d’écrire ces mots, ma dernière bougie est la seule source de lumière dans cette pièce aveugle. J’ignore combien de temps il me reste, mais j’accomplirais mon devoir, afin que subsiste ce journal et tout ce qu’il relate.

Nous avions passé une nuit affreuse, froide et bien trop courte. Le soleil revenu, la chaleur devint vite insupportable. Sans plus tarder, nous nous présentâmes donc à la grande porte de la cité. A l’étonnement général, l’entrée nous était toujours refusée, les gardes nous assuraient que la ville ne commerçait pas la fleur d’essence noire et que nous n’avions rien à faire ici. Mais l’un des 2 gardes céda soudain aux arguments de Bori, se montrant particulièrement aimable. Il nous proposa même une escorte pour nous prémunir des dangers de la cité, ce qui décontenança son collègue, qui ne semblait guère enclin à l’amabilité.

Nous nous contentâmes de franchir la porte, son élan de bonté ne durerait peut-être pas.
En pénétrant dans cette cité, je pensais tout d’abord que les gardes disaient vrai. Comment une cité si sale et repoussante pouvait être le berceau d’un remède capable de sauver des vies. Tout dans cette cité semblait la destiner au chaos et la déchéance, même les bâtiments ne semblaient être fait que de boue et de sable. Les habitants étaient inquiétants, sans doute nous auraient-ils tranché la gorge si nous nous étions égarés.

Nous fîmes halte dans une taverne douteuse. Cet établissement était un concentré repoussant de ce que nous trouvions dans les rues. Le tenancier nous accueilli en plantant son couteau dans le comptoir, invectivant : « On ne sert pas les étrangers ici ».
Face à l’insistance de nos gardes, il siffla le troll qu’il dissimulait sous une trappe derrière le comptoir. Les clients se rassemblèrent tous en cercle pour assister au combat, nous expulsant bien vite au fond de la taverne. Mais la liesse ne fut que de courte durée et la foule retourna s’asseoir sans dire mot, laissant le troll démembré gisant au sol.

Le tavernier se montra dés lors très aimable, nous offrant boissons et repas. Comme si en ces lieux, seule la loi du plus fort avait droit de cité. Répondant à nos questions, il nous expliqua la difficile situation de la ville. En proie à une lutte de pouvoir, la cité est divisé en deux par la « grande faille », le lit d’une rivière asséchée franchi par un unique pont, devenu le front de la guerre.

Namudor, un puissant démon, aurait enrôlé la milice aux lames sanglantes, parvenant à contrôler cette partie de la ville. Au nord, ils lutteraient contre l’Ordre des âmes pures, mené par un paladin du nom de Larales Leodetan. Ce sont ces derniers qui contrôleraient le commerce de la fleur d’essence noire. D’après le tavernier, il nous suffisait de parvenir à traverser le pont et atteindre l’autre côté pour être en « sécurité ».
Après un repas frugal, nous nous exécutèrent sans plus s’attarder dans ce lieu de débauche. Nous remontâmes la grande rue jusqu’à la place du marché, où un pauvre homme sur le pilori se faisait lyncher...
Plus loin, un large pont de pierre enjambait un profond précipice. De l’autre côté, un homme élégamment habillé nous accueilli avec politesse, il se présenta comme un membre des âmes pures. Ce fut un soulagement pour nous tous de retrouver sécurité et sérénité.
Le brave homme nous mena à une grande bâtisse où de nombreuses victimes des affrontements étaient soignés. Ce lieu, emprunt de grâce et de bonté, était le quartier général de l’Ordre des âmes pures. Un lieu de recueillement pour toute les âmes tourmentées en quête de lumière.
Je fis connaissance avec Larales Leodetan, le grand homme qui mène cette lutte contre le Mal. Mais il est bien plus qu’un meneur d’hommes, il irradie la bonté et la justice. Il semble descendu des cieux eux-mêmes, tel un envoyé divin, l’espoir de l’humanité.
Notre discussion vint bien vite sur le sujet de la fleur d’essence noire. Larales nous expliqua qu’elle était cultivée plus loin au Sud, sur le site où s’élevait la tour démoniaque du despote qui régnait auparavant sur la cité. Les potions achevées étant stockées ici même, Bori fit l’expérience d’une huile de fleur d’essence noire, capable de régénérer les membres. Ce don des dieux respecta sa promesse, redonnant vitalité et vigueur à son bras arraché qui retrouva enfin sa place.

Cela étant, Larales ne semblait guère apprécier nos gardes, qu’il jugeait hâtivement. Des chambres étant à notre disposition, je proposais à tous un repos bien mérité, après toutes nos aventures. Seul Liodan resta en ma compagnie, pour parler affaires avec nos hôtes.
Parvenu rapidement à un accord, je m’isolais, sous la protection d’un membre des âmes pures, afin de préparer la somme nécessaire à la transaction.
Mais tout bascula si vite...
Cet homme, que je croyais pieux et juste me roua de coups avant de me menacer de son arme. Il me jura que si je ne faisais pas tout ce qu’il me disait, il traînerait mon cadavre. Et il semblait capable de tenir sa parole.
Je savais que derrière la porte se trouvait Larales et ses loyaux compagnons, tandis que ce traître déplaçait quelques sacs de jutes pour dégager une trappe. Mais si j’avais hurlé, auraient-ils vraiment pu être plus rapide que cet homme. J’avais bien aussi cette masse d’armes achetée à Scornubel, au fond de ma besace. Mais seule, face à cet homme expérimenté...
Il m’a emmené, par cette trappe, au travers de souterrains sombres et puants, pour ressortir dans une maison abandonnée. Finalement, il m’a mené à cette bâtisse rouge, gardée par 2 hommes qui semblaient le connaître. Me voila au sous-sol, dans cette pièce sans fenêtres, sans aucune lumière.
Dans la grande salle, qui précédait ce cachot, j’ai cru voir quelque chose au fond dans l’ombre. Quelque chose de grand, de terrifiant, de maléfique. J’ai peur...

Je ne trahirais pas mes compagnons, je n’abandonnerais pas. Après tout ce que nous avons traversé, rien ne m’arrêtera. Quoiqu’ils fassent, jamais je ne

On entre !

Gerlin Carlac

<< Précédent - Suivant >>