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Journal de l’expédition - 42e jour - Funèbre sillon

D 5 mai 2012     H 15:01     A Maniack Crudelis     C 0 messages


Jour 42

Beshaba nous poursuit-elle, ou est-ce l’œuvre de la cruelle Loviatar ? Mes errances auraient-elle éloigné de nous la bienveillance du Seigneur de l’Aube ?
En ce triste jour, deux de nos compagnons ont péri au combat. Palagern Orared a donné sa vie en essayant de sauver notre dernière monture, ce dromadaire têtu et borné, qui doit à présent errer dans le désert.
Herdinis, qui était entre la vie et la mort, est resté sur les lieux de l’attaque. C’est un homme solide et courageux, mais que pourrait-il faire ? Je crains qu’il ne soit perdu à jamais.

Cette longue et dramatique journée débuta dans l’agitation dès ce matin. Alors que nous étions réunis dans la grande salle de l’auberge nous entendîmes Bori, à l’extérieur, haranguant la foule.
Je sortis un instant, pour l’apercevoir debout sur un tonneau, captivant la foule amassée autour de lui. Peu intéressée par ses inepties, je retournais à notre table. Mais avant même que je ne puisse rejoindre mes compagnons, par un étrange sortilège, nous nous retrouvâmes tous au pied d’une vieille tour calcinée. Bori nous faisait face, tout aussi abasourdi que nous. Son regard était fixé sur Andariel, qui après 16 jours de catalepsie se redressait, une lueur pernicieuse et malsaine brillant dans ses yeux.
Malgré son regard inquiétant, nous ne pouvions qu’être heureux de retrouver Andariel. Mais l’euphorie fut de courte durée, tout près d’elle gisait Herdinis, le visage livide et les yeux révulsés. Il semblait atteint d’un mal si profond que son âme elle même se perdait en complaintes languissantes.

Bori nous apporta un semblant d’explication, en avançant que cette inquiétante tour noircie par les flammes ne serait autre que la demeure de Bodreth, Vil Serpent, Cormagus.
Un esprit fantomatique, hantant ces ruines, se serait attaqué à Herdinis. Heureusement, Bodreth serait venu à leur secours. Il aurait promis de libérer Andariel de son triste sort et aurait même informé Bori de l’existence d’un gisement d’or dans les vieilles mines du Sud.
Notre demi-homme s’était alors empressé d’annoncer au village la riche découverte. C’est à ce moment que Bodreth Cormagus serait apparu, corroborant l’histoire de Bori. Et, tenant sa promesse, il libéra Andariel de sa stupeur, puis nous envoya tous ici même.

Si Bori nous raconta cette histoire avec entrain et conviction, elle n’en resta pas moins difficile à croire, tout cela recèle de nombreuses zones d’ombre.

Nous décidâmes donc de regagner Silverton, Bori connaissant le chemin y menant. Nos quelques heures d’absence auront suffit à métamorphoser ce village tranquille, le transformant en un village fantôme.
A notre arrivée, les rues étaient désertes, même la grande place était vide. Un groupe de villageois s’était réuni à l’auberge, ils semblaient terrorisés. Marmant Bredan, l’aubergiste, nous reprocha immédiatement d’être responsables du retour de Vil Serpent. Selon lui, tout était perdu, le village n’avait plus aucune issue sans Nicodème pour les sauver.
Face au désespoir de ces villageois, j’enjoignais Bori à affronter ses responsabilités en allant à la rencontre du mage pour lui demander des explications et trouver une solution.
Je leur avait demandé également de présenter Herdinis à ce bon Falaver, qui pourrait sans doute lui prodiguer quelques soins.

Comme souvent, il semblerais qu’ils en fait qu’à leur tête. A leur retour, Bori avait récupéré de ses blessures, tandis qu’Herdinis ne montrait aucun signe de guérison. Selon eux, Falaver leur aurait assuré qu’il ne pouvait rien faire pour notre barbare, mais qu’il irait de mieux en mieux, une simple question de temps.
Le prêtre aurait également assuré qu’il maîtrisait la situation du village et qu’il travaillait à une solution pour se débarrasser du mage.
J’ai toute confiance en Falaver, c’est un homme de qualité. En ce qui nous concerne, le temps nous pressant, nous primes la route de Daranor, l’aboutissement de notre voyage.
Profitant de la fraîcheur d’une pluie, nous atteignîmes en quelques heures les premières dunes de sables annonçant l’interminable mer de sable qu’est le grand désert de l’Anauroch.
Rapidement, ce dromadaire, que Bori et Herdinis avait ramené, fit ses preuves. Là où nous peinions tous, l’animal marchait avec aisance sur ce sable brûlant et instable.
Notre cheval, lui, se fatiguait très vite, ses sabots s’enfonçant dans le sable à chacun de ses pas. Palagern demanda alors que nous nous arrêtions, pour le déharnacher, afin de le soulager.
Ce fut une grave erreur...

Une violente explosion de sable, dispersant un épais nuage, ébranla le chariot et fit disparaître notre cheval.
Le nuage se dissipant, nous aperçûmes avec terreur ce qui semblait être un dragon !!!
Aucun de nous ne pu retenir ses cris, le terrible monstre dévorait notre cheval, à quelques dizaines de mètres de nous.
Soudain, il releva sa gueule ensanglantée et nous fixa. Son regard était si terrifiant qu’il semblait transpercer notre âme. Je suis restée pétrifiée, alors que de ces pas lourds il avançait férocement vers nous.
Andariel nous hurla de fuir au plus vite, tandis que Bori décochait un premier carreau.
Je ne sais si c’est ce que j’aurais du faire, mais j’ai couru aussi vite que je le pouvais. ce n’est qu’après un long moment, à bout de forces, que nous prîmes conscience que Palagern n’était pas avec nous.

Rapidement, Andariel apparu, puis ce fut le tour de Bori. Mais ni Herdinis, ni Palagern ne revinrent.
Au Sud, le combat fut violent, Andariel nous enjoignais à partir au plus vite, la bête n’ayant pas été abattue. Mais l’arrivée de Bori nous frappa d’horreur, durant la bataille, son bras droit fut arraché par le monstre. L’os dépassait encore et des lambeaux de chair en pendait. Alors que la situation était alarmante, Bori semblait en rire, se grattant le dos avec son bras sectionné, qu’il tenait en main.

J’insistais pour retourner chercher Palagern et Herdinis lorsqu’Andariel nous expliqua que Palagern avait été pulvérisé par le souffle acide du dragon qui l’avait elle-même contraint à battre en retraite, la forçant par la même à abandonner le corps inerte d’Herdinis.
Elle ne pouvait plus rien pour Palagern, et Herdinis l’aurait bien trop ralentie. Il aurait été terrible de la perdre elle aussi, alors qu’elle ne nous est revenue que ce matin.
Bori nous informa très vite que le dragon, bien que blessé, nous poursuivait. Nous n’eurent d’autre choix que de partir au plus vite, abandonnant nos compagnons à ce sort funeste.

Deux heures nous suffirent pour atteindre les hautes murailles de Daranor. Hélas les gardes de la ville refusèrent d’ouvrir les grandes portes, la nuit étant déjà avancée.
Malgré notre persévérance, nous n’avons eu d’autre choix que d’établir un campement au pied des remparts.
Mais la nuit est froide, nos tentes sont restées sur le chariot, tout près des corps de Palagern et d’Herdinis... Que Lathandre les accueilles pour l’éternité dans ses jardins luxuriants.
Nous sommes si près du but, rien ne m’arrêtera. Je rapporterais avec moi la vie et l’espoir.

Gerlin Carlac

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