Crazy Orc, jeu de rôles et de figurines à Lyon
Vous êtes ici : Accueil » Souvenirs » Jeux de Rôle » Donjons & Dragons » D&D - La première campagne » Enoch, Dragon-mage

Enoch, Dragon-mage

D 22 janvier 2003     H 16:48     A ManuDevil, Webmaster     C 0 messages


D’accord mes amis ! Je le sais, la perte de notre amie barde vous attriste au moins autant que moi. Elle n’avait pas son pareil pour raconter des histoires, et pour faire des cabrioles qui nous arrachaient bien des sourires. A présent qu’elle n’est plus, à chacun de combler le vide de nous soirées. Puisque vous me le demandez, à mon tour.

A vos regards étonnés, je sais que depuis notre rencontre à Eauprofonde, vous vous posez des questions sur mes origines. Ma tenue vestimentaire, mes peaux de bêtes, et mon familier, le petit dragon sur mon épaule ont dû bien vous titiller.

Je suis un elfe sauvage. Du moins, c’est comme ça que vos compatriotes appellent ceux de mes tribus. Ils nous considèrent comme moins civilisés. Je préfère dire que notre civilisation n’a pas suivi la même voie que la vôtre. Nous sommes beaucoup plus proches des forces naturelles que vous autres, et apprenons bien mieux à nous concentrer sur notre vue intérieure. Nous nous déplaçons avec les saisons, vivons au coeur de la forêt, et communions avec les esprits des arbres.

Ma magie

JPEG - 13.3 ko
Shaman

Eh oui, je suis un magicien sans grimoire. En fait, à vos yeux, je suis un magicien. Mais d’après ce que j’ai pu comprendre, ma magie ne fonctionne pas comme celle de vos écoles de sorcellerie, même si les effets en sont très semblables. Ma magie est intérieure. D’après les shamans de mon clan, c’est l’Esprit Universel qui s’exprime à travers nous. Certains savent instinctivement comme parler aux animaux, d’autres ont un don inné pour les armes ou la chasse, certains soignet des blessures et des maladies par le regard ou l’imposition des mains. Moi, je connais la magie. Ca me vient d’instinct, ou presque. Parfois, je sens le besoin d’essayer quelque chose de nouveau, et si j’ai de la chance, ça marche ! Et après je peux recommencer à utiliser ce nouveau sortilège. C’est très amusant !

Bon, ce n’est sûrement qu’un point de vue. Lors de mes voyages, j’ai pu discuter avec d’autres magiciens, et leur vision diffère. La magie proviendrait d’une sorte de Toile... Mettons alors que mon peuple n’a pas le même vocabulaire, et appelle cette Toile l’Esprit Universel. De cette façon, tout le monde est d’accord. Le rest n’est que spéculation oiseuse.

Mon familier ?

GIF - 10.2 ko
Thorgûl
Mon ami pseudodragon.

Mon familier s’appelle Thorgûl, et c’est un pseudo-dragon. Mais c’en est une vision très limitée. Nous voyageons ensemble depuis des années, et il est mon ami le plus proche. En fait, il voyage avec moi depuis le début de mon errance... et en est presque responsable.

Je m’explique : parmi mon peuple, les shamans, ceux qui pratiquent la magie, sont assez peu nombreux. Leurs secrets sont acquis de façon naturelle, c’est donc un savoir que nous ne pouvons pas transmettre. Nous dépendons du bon vouloir de la nature dans ce domaine, comme dans tant d’autres. Les shamans profitent donc d’une certaine aura de respect, un statut rare et particulier.

Une fois leur pouvoir aguerri et confirmé, les shamans éprouvent souvent le besoin de s’attacher à un compagnon animal. Grâce à la nature de la magie que nous pratiquons, cela est étonnamment facile. Le familier choisit son maître au cours d’un rituel, voilà tout. Habituellement, ce sont des animaux des forets qui arrivent : chouette, hibou, castor, chauve-souris, chat sauvage...

Pas pour moi.


Quand Thorgûl est arrivé, j’ai été le seul à trouver ça parfaitement normal. Il y a eu un grand émoi parmi les autres shamans. Ils ont obligé les autres membres du clan à me sequestrer avec mon nouvel ami, et se sont mis à palabrer en comité restreint.
Quand les shamans sont venus me chercher, voilà à peu près le discours qu’ils m’ont tenu :

  • Enoch, apprenti shaman du clan du chêne [1], lève-toi et écoute.
  • Nous, Shamans avons longtemps délibéré. Jamais familier tel que le tien n’a été appelé parmi nous. TOn familier et ses semblables n’ont même jamais été aperçu dans nos contrées depuis fort longtemps.
  • Nous en avons déduis que ton destin n’est pas de vivre dans nos contrées.

Là, j’avoue que j’ai failli tomber par terre. C’était énorme, cette déclaration ! En quelque sorte, j’étais banni à cause d’un rituel shamanique tout à fait normal, qui ne s’était pas déroulé exactement de façon habituelle ? C’était injuste ! J’allais devoir quitter mes amis, ma famille, mes proches, à cause de la décision de quelques mages timorés ?

L’exil

Ma bouffée de colère fut aussi violente que brève, telle un feu de paille brillant mais éphémère. Je n’avais en fait guère le choix. Les shamans représentaient l’esprit du clan. Et on ne peut guère se battre contre l’esprit de ses proches.

Quels proches, d’ailleurs ? A part ma famille, ils me considéraient tous comme une étrange pièce rapportée, un être un peu à part, un paria. Dans leur esprit, je n’appartenais plus guère au clan.

Je pris donc mes affaires, embrassai ma pauvre mère, serrai mon père dans mes bras, enjoignis mon dragon de se poser sur mon épaule, et je pris la route.

Je ne vous dirais pas dans le détail tout le chemin que j’ai parcouru. Pour certains d’entre vous, il faudrait certainement plus d’une vie pour en conter ne serait-ce que le résumé. Et demain, le soleil se lèvera quelque part, et nous devrons repartir en aventure.

Sachez juste que mon errance a été très longue, de mon clan jusqu’à Eauprofonde où je vous ai rencontré. Je doute de pouvoir un jour retourner auprès des miens, et être accepté comme je le fus avant l’arrivée de Thorgûl. Mais je ne regrette rien. Thorgûl est un ami comme nous en rencontrons peu au cours d’une vie, et je pèse mes mots.

Par ailleurs, vous êtes des compagnons comme on ne rencontre peu aussi ! A vos côtés, j’éprouve régulièrement une palette de sentiments aussi divers que variés, c’est très stimulant !

Mon physique ?

Quoi, mon visage ? Ah oui, vous avez raison... je ne ressemble plus tout à fait au stéréotype de l’elfe. Mes pupilles fendues, mes iris dorés, mon visage un peu tavelé, mes canines et mes ongles pointus auront peut-être du mal à faire chavirer le coeur d’une elfe trop conventionnelle.
Je n’ai rien d’un elfe conventionnel. Je suis un Mage-Dragon.

JPEG - 10 ko
Ada-aux-Cheveux-de-Feu

Au cours de mon errance, j’ai eu de nombreux compagnons de route. Mais la rencontre avec Ada-aux-Cheveux-de-Feu m’a marqué pour le restant de mes jours.

Ada-aux-Cheveux-de-Feu

J’ai rencontré cette belle elfe sur la route. J’aime à dire que ce jour-là, nos destins aussi se sont croisés. Ada est vraiment très belle. Non seulement suivant les critères elfiques, mais je crois que même un humain ou même un nain serait tombé sous son charme. Elle avait de la beauté dans les yeux, de l’or dans la parole, et de la grâce dans ses mouvements.

Je crois que je n’ai pas mis longtemps à en tomber amoureux.

Nous avons cheminé pendant plusieurs saisons, et beaucoup discuté. Enormément dicuté, je dois dire. Et seulement dicuté. Oui, j’ai vu le petit éclair de lubricité dans vos yeux, mes amis. Sachez juste que chez nous, elfes, la copulation n’est pas un acte aussi simple, franc, direct et bestial que parmi de nombreuses autres races. Nous pouvons passer des dizaines d’années à courtiser notre belle.

Bref. Je ne manquais pas de patience. Et sa simple compagnie réchauffait mon coeur mieux qu’un soleil d’été. Souvent, au coin du feu, elle me pressait de question sur ma vie est mon passé. Je crois qu’elle essayait vraiment de découvrir et de comprendre un point particulier de mon passé, sans pour autant me poser directement la question. Je me sentais réellement flatté d’avoir autant d’importance à ses yeux !

En fait, Thorgûl l’intriguait beaucoup, elle aussi. A présent que j’y pense, elle aussi semblait intriguée par le fait que j’aie été choisi par un pseudo-dragon.


L’attaque

JPEG - 8.9 ko
Puissante et terrible Ada !

Ce soir-là nous fûmes attaqués. Cela s’est passé environ une lunaison avant mon arrivée à Eauprofonde. Une petite troupe d’orcs en maraude nous a surpris au coin du feu.

Ada et moi nous mîmes en position de défense, dos à dos, constamment en mouvement, pendant que Thorgûl, volant au-dessus du champs de bataille, nous renseignait sur les déplacements de ces vils pillards.

Mais ils étaient trop nombreux, les lâches. Ada se battaient avec une rage et une furie que j’ai rarement vue depuis ! Elle se déplaçait comme un feu follet, tournoyant avec sa dague et son épée, puis revenant protéger mon dos avant même que mon oeil se soit aperçu de son départ !

De mon côté, j’épuisai toute la virtuosité des mes sortilèges. A croire que j’avais donné rendez-vous au feu et à la glace, aux éclairs, à la foudre et au tonnerre !

Ils étaient décidément trop nombreux. Un voile noir s’abattit brusquement sur mes yeux, au moment où une massue orque s’abattait sur mon occiput.

Le pire réveil de ma vie

J’avais l’impression que les dieux des forges naines avaient pris mon crâne pour enclume ! Que mes yeux voulaient sortir vivre leur vie indépendante !

Autour de moi, tous n’était que désolation. De notre campement, il restait rien. Des corps, partout. Certains affreusement entaillés, certains gelés, d’autres foudroyés, déchiquetés, brulés... Beaucoup de brûlés, d’ailleurs. Méconnaissables. Il ne me semblait pas que j’étais capable d’autant de dégâts [2]]. La végétation autour, elle aussi, avait subi les affres du combat. Calcinée, tordue, brûlée...

Et Ada ? Où était-elle ? Je l’appelai... pas de réponse. Encore et encore, je mêlai mon cri à celui des corbeaux... toujours pas de réponse.

Un doute affreux m’asaillit ! Et si... vite, je me mis à fouiller parmi les corps pour retrouver ma bien-aimée. Rien. Et certains corps étaient tellement calcinés qu’on ne pouvait même pas en distinguer la race d’origine !
Non. Non ! Ce n’est pas possible ! Elle n’a pas pu disparaître ainsi ! Il n’y avait pas de magicien parmi les orcs. Le corps d’Ada ne devait donc pas faire partie des brûlés. mais où était-elle alors ?

Et comment une telle hécatombe avait-elle pu arriver ?

Errance, encore...

Le coeur brisé, anéanti, je repris la route. Je n’avais plus de but. Je laissai mes pas me guider mon chemin. Même Thorgûl semblait abattu. Lui non plus ne pouvait me dire l’issue de la bataille. Il avait été entrainé trop loin.

Au matin du troisième jour, pourtant... Le soleil dans mes yeux me réveilla. Hagard, je scrutai les alentours. Et c’est là que je l’aperçus.

  • Ada ?
  • Non. Du moins, je n’en suis pas sûr. Voilà ce que je vis.

Sur le fait d’une colline, se découpant dans le disque solaire, une énorme silhouette serpentine, ailée. J’étais observé par un puissant dragon d’or !

Je n’osais bouger... Thorgûl, impressionné lui aussi, ne cillait pas d’une écaille. Et soudain, sa voix !

  • N’aie pas peur, Enoch. Je ne te veux aucun mal.
  • Mais... tu connais mon nom ?
  • Oui. Et je te connais bien plus que de nom. N’aie pas de doute, n’aie aucune peur. Ton amie Ada est vivante, mais elle a dû retourner près des siens.
  • Ada ? Où est-elle ? demandai-je avec empressement.
  • Tu la retrouveras un jour, quand tu seras prêt. Elle tient à toi. Mais il faut que tu te prépares. Elle t’appellera le moment venu.
JPEG - 76 ko
Enoch
Disciple du dragon

Et le dragon prit son essor et s’envola dans les nues.

Est-ce le destin ?

J’étais bien partagé. Pris entre l’espoir de revoir Ada un jour, et le désepoir de son départ. Des milliers de questions m’assaillaient. Des doutes affreux me torturaient.

Et mes pas me conduisirent à Eauprofonde, où je fis votre rencontre, mes amis. Et l’aventure me fait du bien. Ca m’évite de repenser trop directement à ce qui m’est arrivé. Le noeud du problème se défera de lui-même avec le temps, si je ne suis pas constamment en train de le tirailler.

Puis j’ai commencé à changer physiquement, tout doucement. Et certains rêves sont venus me visiter, me faisant comprendre certaines choses.

Je crois que j’ai compris ce que le destin me réserve, et je l’accepte avec patience et bonheur.

Quoi, vous ne l’avez pas compris ?

Précédent - Suivant

[1Eh oui, j’appartiens au clan du chêne.

[2A l’époque...

Dans la même rubrique

31 mai 2004 – Campagne de l’Orbe des Duergars

17 mars 2003 – La jeunesse d’un paladin

9 février 2003 – Szith Morcane

8 décembre 2002 – Premières horreurs des tréfonds obscurs

24 novembre 2002 – Départ en aventure

Un message, un commentaire ?
Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?