Crazy Orc, jeu de rôles et de figurines à Lyon
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Départ en aventure

D 24 novembre 2002     H 23:27     A nunch     C 0 messages


Voici le premier récit de nos aventuriers. Leur quête est basée sur le scénario commercial « City of the Spider Queen ». Comme vous le lirez, cela commence mal pour eux car leur premier combat se révélera plus difficile que prévu.

Farnor regardait pensivement la majestueuse cité se dévoiler devant lui, assis à l’arrière du cheval derrière l’elfe sauvage Enoch. Malgré la splendeur de la mégapole recouverte d’un duvet de neige, ses pensées étaient tournées vers sa bien-aimée et les rêves qu’il avait fait ces dernières nuits.

Depuis quelques temps, il ne passait plus une seule nuit sans avoir des visions de Kura réduite en esclavage par son ennemi juré, l’elfe noir Azmaer. A chaque fois le thème était le même mais la situation différente. Parfois il voyait des colonnes de drows marchant dans les tunnels obscurs d’ombre terre, parfois il les voyait dans une cité souterraine partiellement en ruine, à feu et à sang. Cependant le rêve de la dernière nuit avait été légèrement différent : il avait vu son amour, toujours enchaînée, à l’extérieur par une nuit étoilée. Elle n’était pas la seule esclave et les drows marchaient en direction de montagnes, dont on voyait clairement l’un de ses pics qui avait la forme d’une croix.

Pour la première fois Farnor avait un indice, un début de piste qui lui permettrait de rattraper Azmaer et de mettre un terme à ses agissements. Il lui suffisait de savoir où était le pic.

Eauprofonde, Inajira

Finalement, Farnor, Eanel, Enoch, Kary et Enarlyn arrivère à Eauprofonde, leur mission accomplie. Ils se frayèrent un chemin au milieu de la foule jusqu’à la tour du magicien Inajira pour réclamer leur prime. Bien qu’il était leur employeur, Farnor, Enael et Kary connaissaient bien Inajira qui était également devenu leur ami malgré l’attitude parfois bizarre de ce dernier.

A la tour, le serviteur d’Inajira ouvrit aux héros et les fit pénétrer dans un vestibule confortable gardé par un golem de chair impassible. Ils gravirent les escaliers et entrèrent dans un grand salon garnit de multiples fauteuils et au sol recouvert de tapis, le tout chauffé par un feu dans une grande cheminée.

Inajira était entrain de nettoyer sa fameuse collection de coquillages quand les héros arrivèrent. Il les accueillit chaleureusement et les pria de s’installer et de leur raconter le déroulement de leur mission. C’est Enael qui prit la parole.
Leur enquête sur les agressions orcs autour de la ville de Champs Dorés les avaient menés jusqu’aux Collines des Mélèzes. Là-bas ils avaient découvert un complexe de cavernes qui abritaient de nombreux orcs menés par des ogres et un ogre mage. Après un difficile combat qui avait failli coûter la vie à plusieurs des héros, ils avaient découvert que cette petite armée était financée par un mystérieux humain et que l’ogre mage avait un tatouage représentant une étoile rouge entourée de deux dragons sans ailes qui se mordaient la queue. Apparemment les orcs et les ogres devaient patienter dans les collines en attendant un signal, mais les orcs s’étaient montrés impatients et ils avaient commencé à attaquer les villages de la région. Les héros avaient exterminé la petite armée de monstres sans pour autant découvrir l’identité de leur maître.

Enael termina son récit. Inajira réfléchit quelques secondes avant de parler :

  • Une fois de plus vous avez fait du bon travail mes amis. Voici votre dû, termina-t-il en leur tendant chacun un sac rempli de pièces d’or. Cependant, je n’ai plus de tâche à vous confier. Mais avec cet argent vous devriez pouvoir vivre un petit bout de temps et vous occuper de vos propres affaires.

Farnor soupira de soulagement. Il allait pouvoir consacrer du temps à sa quête personnelle.

Plus tard, les héros étaient à l’auberge du Dragon d’Or à boire une bière en discutant de leurs dernières aventures. Seul Farnor ne parlait pas. Kary qui commençait à bien le connaître s’en rendit compte.

  • Tu as l’air bien pensif Farnor, dit-elle. Tous les autres compagnons se turent et regardèrent le nain.
  • Mes amis, je vais devoir vous quitter, répondit ce dernier.
    Tous furent surpris.
  • Que se passe-t-il ? demanda Enael.

Farnor leur parla des rêves qu’il faisait. Dès le lendemain il comptait voir un géographe et partir à la recherche de sa bien-aimée.

  • Nous pouvons t’accompagner si tu le souhaites, dit Enael.
  • Non, non. Je ne voudrai pas vous imposer mon fardeau, dit le nain.
  • Allons, tu sais bien qu’aucun de nous ne peut rester deux jours en vacances sans penser à de nouvelles aventures. Rien ne nous fait peur et rien ne nous ferait plus plaisir que de t’aider, répliqua Enael en souriant.
  • Ah je savais que je pouvais compter sur vous mes amis, dit Farnor. Mais pourquoi Enoch et Ernarlyn nous suivraient-ils ? Ca fait très peu de temps qu’ils sont avec nous.
  • Je ne suis pas sorti de ma forêt pour rester toute ma vie à Eauprofonde, répondit Enoch. Si je te suis, je suis sûr de découvrir les merveilles du monde qui nous entoure.
  • Tu as parlé de drows. Je serai ravie de leur botter le derrière, dit Ernarlyn. De plus vous aurez besoin de mes ballades pour vous réchauffer le cœur au coin du feu, finit-elle.

Malgré que l’un de ses parents fût un elfe noir, Ernarlyn avait beaucoup plus d’affinités avec les elfes de la surface.

  • Oh oui, accompagne-nous, s’exclama Enael en reluquant l’elfe magnifique.
  • Bas les pattes, cochon d’humain !

Farnor, Kary et Enoch éclatèrent de rire. L’atmosphère se détendit et les héros finirent la soirée dans la bonne humeur.


Un long voyage en préparation

Le lendemain, Farnor, Kary et Enoch partirent à la recherche d’un géographe qui saurait situer le pic en forme de croix. Pendant ce temps, Enael et Ernarlyn allèrent à la guilde de mage pour s’équiper en objets magiques. Ils allaient affronter des drows et ils auraient besoin de toute l’aide possible.

A la fin de la journée, Farnor avait apprit que le pic qu’il cherchait était au nord des Montagnes de l’Orée du Désert. Et on ne pouvait le voir que du Valdague. Le Valdague était à plus de deux mille kilomètres à l’est d’Eauprofonde. Une sacrée distance à parcourir.

Les aventuriers se retrouvèrent à l’auberge pour débattre du meilleur moyen de se rendre là-bas. Etant donné que Farnor était plutôt pressé, il avait envisagé la téléportation. Cependant ce n’était pas dans leurs moyens. Finalement ils devront y aller par un moyen plus conventionnel : le cheval.

Après le repas, Ernarlyn sortit prendre l’air. Traverser à cheval la moitié de Faerûn d’une traite l’intéressait moyennement. Elle préférait de loin la téléportation. Mais pour cela, ils avaient besoin d’or. Finalement elle se dit que l’or ne manquait pas à Eauprofonde. Elle était sûre que les nobles de la ville n’avaient pas besoin de toutes les richesses qu’ils possédaient et qu’une petite ponction de sa part ne leur ferait pas de mal.

Money for Nothing

L’elfe partit en quête d’informations. Grâce à ses charmes naturels, elle n’eut pas trop de mal à savoir quelles étaient les résidences de familles riches les moins bien protégées. Elle savait bien que même la résidence la moins bien protégée représentait un véritable défi mais cela ne lui faisait pas peur. Et puis ses talents de voleuse étaient un peu rouillés et elle avait besoin d’une remise à niveau.

Quelques heures plus tard, la barde était tapie dans l’ombre, attendant que la patrouille de gardes passe. La résidence qu’elle avait choisie était entourée d’un haut mur et fermée par deux solides grilles. Derrière, plusieurs gardes faisaient des rondes avec des chiens.

Quand la patrouille fut passée, Ernarlyn se glissa furtivement jusqu’au mur et l’escalada prestement. Et elle comprit qu’elle avait commis sa première erreur. Le dessus du mur était parsemé de tessons de verre et elle se blessa au bras. Heureusement son agilité lui permit d’éviter toute blessure sérieuse.

L’elfe redescendit de l’autre côté du mur et traversa rapidement le jardin recouvert de neige. La légèreté des ses pas était telle qu’elle ne laissa pratiquement aucune trace sur le tapis blanc. Elle arriva jusqu’à une fenêtre qui donnait sur un petit salon luxueux. Dans un âtre, les braises d’un feu finissaient de se consumer ; un tableau était accroché juste au-dessus de la cheminée.

Ernarlyn inspecta rapidement la fenêtre avant de commencer à la crocheter. Hélas elle venait de commettre sa deuxième erreur. Elle n’avait pas vu le glyphe magique sur le rebord de la fenêtre et le piège se déclencha. Immédiatement elle sentit ses muscles se raidir sous l’effet d’un sortilège d’immobilisation. De plus, une bouche magique se mit à hurler. La barde lutta de toutes ses forces pour résister au sortilège et s’enfuit. Pour couronner le tout, elle entendait déjà les aboiements des chiens et les cris des gardes qui se rapprochaient derrière elle.

Sachant qu’elle ne pourrait pas distancer les chiens, l’elfe se retourna au milieu du jardin et jeta un sort de sommeil. Les deux chiens et un garde s’écroulèrent aussitôt. Les trois autres gardes tirèrent avec leurs arbalètes. Un carreau fit mouche et blessa Ernarlyn légèrement à l’épaule. Un poison s’insinua dans ses veines mais elle réussit sans peine à lutter contre. Ayant eut sa dose de sueurs froides pour la soirée, elle fit volte-face et bientôt les cris des gardes ne furent plus q’un souvenir alors qu’elle courait dans les rues de la Cité des Splendeurs. Finalement, elle irait au Valdague à cheval, comme les autres.

La vallée

Une quarantaine de jours plus tard, les héros arrivaient au Valdague. L’hiver était déjà bien avancé dans la nouvelle année, nommée l’année des Dragons Voleurs. Dans les Royaumes Oubliés, toutes les années portaient un nom. Les gens apprenaient ces noms alors qu’ils étaient encore très jeunes, car ils étaient chantés par les nombreux bardes des royaumes oubliés dans toutes les bonnes tavernes et auberges. On dit que les années avaient été nommées il y a bien longtemps par la sage Augathara la Folle dans la grande bibliothèque de Château-Suif. De plus le nom avait toujours un lien avec certains événements qui allaient se dérouler dans l’année.
Tout en contemplant la vallée qui s’étendait sous ses yeux, Kary se dit que peut-être cette année y aurait-il un vol de dragons. Les vols de dragons étaient des événements rares. Généralement, c’était une période où tous les dragons mauvais de Faerûn devenaient complètement fous ou excités ; alors ils sortaient de leurs antres pour attaquer tout ce qui se trouvait sur leur chemin. Ainsi de nombreuses villes avaient été réduites en cendres et de nombreux héros étaient morts en défendant ces mêmes villes.

D’ailleurs Kary se rappelait encore très bien l’histoire qu’Ernarlyn avait contée l’autre soir au coin du feu, quand ils étaient encore à l’auberge du crâne à Valombre. L’histoire racontait qu’il y a dix-sept ans, la magicienne Syluné, une élue de Mystra, avait périt en défendant Valombre contre un de ces dragons fous. Cependant Syluné avait réussi a détruire le dragon juste avant de mourir en brisant son bâton de pouvoir qui avait explosé en une énorme boule de feu.
Enael en tête et Farnor pas loin derrière, les aventuriers progressèrent rapidement à travers les collines et les forêts du val. De temps en temps ils croisaient un chasseur dans les sous-bois. Sinon la région était plutôt silencieuse comme si toute vie l’avait désertée. Le groupe pensait arriver à aux Chutes de la Dague, la capitale du val, avant la nuit.

Soudain, Enael s’arrêta net et le nain manqua de s’écraser contre lui. L’humain venait de repérer des traces de sang suspectes qui s’écartaient du chemin enneigé. Suivi de près par ses compagnons, Enael remonta la piste et cent mètres plus loin il découvrit plusieurs cadavres dissimulés par la neige et des fougères arrachées.
Enoch fût le premier à prendre la parole, son pseudo dragon perché silencieusement sur son épaule :

  • Qui sont-ils ? Et qui peut bien avoir commis ces crimes ?
  • D’après leurs vêtements je dirais que ce sont des aventuriers comme nous, répondit Enael qui s’était baissé pour examiner les corps. Par contre ils ont été débarrassés de la plupart de leurs possessions. Je dirais que leur mort remonte à la nuit dernière et que les blessures sont plutôt précises et semblent avoir été commises par des armes tranchantes et contondantes.

Enoch s’apprêtait à reprendre la parole lorsqu’il fût à nouveau coupé par l’humain :

  • Ah ! Attendez, j’ai découvert un nouvel indice.

Il se pencha et retira quelque chose du coup d’un des corps, une humaine qui devait avoir été une prêtresse de Lathandre. Quand il se releva, il tenait entre ses doigts un minuscule carreau d’arbalète.

  • Des drows ! s’exclamèrent Farnor et Ernarlyn à l’unisson.
  • On dirait que la piste est encore fraîche, dit Kary. Finalement tes rêves étaient bien réels et il se peut que nous retrouvions Kura rapidement,} dit-elle en regardant le nain.
  • Mais je n’ai jamais douté de leur réalité, répliqua ce dernier.

Sur ce, il se remit en route, plus pressé que jamais. Les autres le regardèrent un instant puis le suivirent.

En fin d’après-midi, ils arrivèrent aux Chutes de la Dague. Le soleil finissait de disparaître derrière les Montagnes de l’Orée du Désert dont on distinguait clairement le pic en forme de croix qu’avait rêvé le clerc de Dugmaren Brilletoge.

Quand les aventuriers passèrent entre les premières maisons de la ville, un homme en uniforme s’avança à leur rencontre.

  • Bonne rencontre ! dit-il. Vous êtes enfin arrivés bien que nous vous attendions plus tôt.
  • Bonne rencontre, répondit Farnor. Comment...
  • Stop ! dit l’homme qui devait être un lieutenant d’après ses galons. Nous n’avons pas de temps à perdre en vaines discussions car le seigneur Randal Morn vous attend avec impatience. Veuillez me suivre s’il vous plait, finit-il en se retournant.

Les héros échangèrent des regards surpris mais obtempérèrent. Après tout ils étaient curieux de savoir pourquoi on les attendait. Le lieutenant les mena rapidement hors de la ville jusqu’au Fort de la Dague, la demeure de Randal Morn. Quand ils arrivèrent la nuit était tombée et la beauté de la pleine lune peinait à leur faire oublier le froid.


Randal Morn

Les aventuriers furent conduits à travers la cour du fort, puis diverses pièces du bâtiment jusqu’à une petite étude confortable avec une cheminée où brûlait un feu. Le lieutenant les pria de patienter ici pendant qu’il allait chercher le seigneur. Il revint bientôt accompagné d’un homme bien bâti et endurci par des années de guerre civile.

Sur le chemin, Ernarlyn avait expliqué aux autres que Randal Morn, le seigneur héréditaire du val, avait été lutté pendant des années contre les Zhents et leur tyrannie pour reprendre son dû. Durant tout ce temps, il avait vécu avec ses amis et les hommes qui lui étaient fidèles en exilé dans les collines du val. Finalement, il y a seulement quelques années, Randal Morn a atteint son objectif à l’aide d’aventuriers venus de Valombre.

Randal Morn entra dans l’étude sans cérémonie et se présenta brièvement aux aventuriers qui firent de même. Enfin, l’ancien rôdeur prit place dans un fauteuil confortable.

  • Je vous ai fait venir pour un problème aussi soudain qu’urgent et pour lequel j’ai peu de moyens à consacrer. Cependant je savais que je pouvais compter sur l’aide du seigneur Tristemine pour me prêter main forte. C’est étonnant le nombre d’aventuriers qui passent par Valombre.

Les héros furent surpris. Ernarlyn prit la parole :

  • Vous devez faire erreur, mon seigneur. Si nous sommes ici c’est par le plus grand des hasards et non à la demande de Valombre. Votre fidèle lieutenant était tellement pressé de nous conduire ici qu’il ne nous a pas laissé le temps de nous expliquer.
  • Comment cela ? Vous n’êtes pas les aventuriers dont j’ai requis l’aide ?
  • Non. Par contre sur le chemin nous avons découvert les cadavres d’autres aventuriers. D’après leurs blessures, il ne fait aucun doute qu’ils ont été assassinés par des drows la nuit dernière.
  • Voilà qui est fâcheux, répondit Randal Morn. Cependant cela change peu la situation et c’est donc vers vous que je vais me tourner pour demander de l’aide. Mais avant de refuser laissez moi vous expliquer. Voilà maintenant quelques semaines, les fermes des environs ont été l’objet d’attaques de drows. Chaque raid a été espacé de quelques jours et à chaque fois il n’y a eu pratiquement aucun survivant. Certains adultes ont même été enlevés. Malheureusement je ne possède pas assez d’hommes expérimentés pour mettre un terme aux agissements des elfes noirs et c’est pourquoi j’avais demandé l’aide de Valombre. Hélas le Valdague a encore du mal à se remettre des longues années de guerre passées et je ne peux me permettre de vous offrir plus que quelques milliers de pièces d’or...

Avant même qu’il ait eu le temps de terminer sa phrase, Farnor le coupa.

  • Pas de problème, notre aide vous est toute acquise. Nous sommes aussi à la poursuite de drows et il ne m’étonnerai pas que ce soient les mêmes qui vous aient attaqué. Nos intérêts coïncident donc.
  • Voilà qui est pour le mieux, sourit Randal Morn. Dans ce cas laissez-moi vous donner plus de renseignements : nous pensons que les drows effectuent leurs raids depuis les cryptes de Dordrien à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest d’ici. Les fermes attaquées sont toutes situées à proximité des cryptes et c’est le seul endroit du val que nous savons qu’il a une connexion avec l’ombre-terre, bien que cela fait plusieurs centaines d’années que des drows n’en soient pas sortis. Pour votre aide, je peux vous offrir 5000 pièces d’or, et autant en soins au temple de Tyr au cas où vous en auriez besoin. Les elfes noirs sont des adversaires redoutables.
    Farnor regarda chacun de ses compagnons et lu l’approbation dans leurs yeux.
  • Et bien c’est d’accord, répondit le clerc nain. Nous enquêterons dès demain matin. Mais pour l’instant si vous le voulez bien nous allons nous reposer car cela plusieurs dix-jours que nous sommes sur la route.

Les aventuriers se retirèrent à l’auberge avec la bénédiction de Randal Morn qui offrit de payer leur séjour. Fatigués par leur long voyage, tous se couchèrent tôt.


Un nouveau compagnon

Le lendemain, ils étaient déjà sur la route alors que le soleil finissait à peine de se lever. Farnor et ses compagnons suivirent une piste vers le sud sur plusieurs kilomètres. Sur les indications de Randal Morn, ils empruntèrent ensuite un sentier en direction des montagnes à l’ouest. Finalement, plus de deux heures après être partis des Chutes de la Dague, ils arrivèrent devant une passe. Les cryptes de Dordrien étaient de l’autre côté.

A ce moment le groupe entendit des bruits dans les taillis sur leur droite. Ils se tinrent immédiatement sur leurs gardes. Ernarlyn, rapide comme l’éclair et aussi silencieuse qu’un chat, sauta de son cheval arc en main et s’enfonça dans les buissons pour prendre leur adversaire potentiel à revers.

Un humain, vêtu de peaux et de cuir et l’air un peu sauvage mais patient, apparût. Il s’appuyait sur un bâton et un rat était perché sur son épaule.

  • Qui êtes-vous ? demanda Enoch d’un ton inquisiteur.
  • Je m’appelle Mansdred, répondit l’homme. Je vis ici et je vais et viens à ma guise.
  • Vous vivez ici ? L’endroit vous appartient ? continua Enoch.
  • Non cela ne m’appartient pas mais je me sens ici comme chez moi. D’ailleurs je suis chez moi, bien que toute notion d’appartenance ne provoque chez moi que dédain.
  • Attendez je ne comprends pas... répondit Enoch.
  • On s’en moque, le coupa Farnor. J’ai l’impression que vous n’êtes pas ici sans raison, dit-il en s’adressant à l’homme. Vous connaissez bien cette passe ?
  • En effet. Il y a quelque temps des elfes noirs ont perturbé le subtil équilibre de l’écologie des grottes où je vis. Ils ont même détruit une colonie entière de myconides sans raison apparente. J’ai retrouvé leur trace que j’ai remontée jusqu’ici. Et soyez sans crainte, la passe n’est pas dangereuse. Enfin, habituellement.
  • Ah vous êtes donc un druide..., dit le clerc.

Farnor sentait qu’il pouvait lui faire confiance. Les druides n’avaient pas l’habitude de s’en prendre aux aventuriers tant que ces derniers n’endommageaient pas l’environnement.

  • Eh bien s’il vous le souhaitez vous pouvez vous joindre à nous.

Mansdred regarda le curieux groupe. Le nain et l’humain ne semblaient pas méchants. Il ne sentait pas de duplicité chez les deux elfes. Quand au cinquième membre du groupe, il l’avait vu se glisser dans les buissons mais ne l’avait plus vu ou entendu. Cependant il se doutait bien qu’il le tenait en joue quelque part avec un arc.

Finalement le druide décida de leur faire confiance et de se joindre à eux. Quand Ernarlyn fut revenue, ils se présentèrent à tour de rôle. Puis ils reprirent la route.

Ils traversèrent la passe sans mal et débouchèrent dans une vaste clairière. Le sentier serpentait entre de nombreux mausolées en ruine, sauf deux qui tenaient encore debout et qui avaient survécu à l’érosion du temps, jusqu’à une paire de portes contre le flanc de la colline qui projetait son ombre sur les environs.

Ernarlyn étudia rapidement les mausolées. Celui de droite, le plus petit, était fermé. Celui, de gauche, plus grand et flanqué de doubles portes entrouvertes, portait une inscription illisible sur le linteau. Aucune porte ne semblait être piégée.

La barde et Enael entrèrent prudemment dans le grand mausolée. Ils étaient dans une grande pièce au sol recouvert de poussière mais marqué par des traces de passage. Quatre portes se dessinaient contre les murs. Après inspection, elles donnaient toutes sur une petite pièce identique qui comportait un unique sarcophage fermé par une lourde dalle. Enael, Kary et Farnor tentèrent bien d’ouvrir l’un de ses sarcophages, mais il résista à tous leurs efforts.

Abandonnant tout intérêt pour le mausolée, le groupe alla jusqu’aux portes à flanc de colline. Elles avaient chacun un anneau, et une colonne représentant un squelette en armure était taillées de part et d’autre. Quand Enael essaya d’ouvrir les portes, il se trouva qu’elles étaient fermées de l’intérieur par une chaîne cadenassée. Cela éveilla l’attention des aventuriers. La chaîne prouvait que des personnes se trouvaient bel et bien à l’intérieur des cryptes. Ils allaient devoir redoubler de prudence.

Ils essayèrent d’ouvrir les portes par la force ou en crochetant le cadenas, sans succès. Finalement c’est l’elfe sorcier Enoch qui proposa une solution. Il jeta un sort de Flèche Acide de Melf sur la chaîne à travers l’entrebâillement. L’acide eut tôt fait de ronger le métal.

La caverne

Les portes s’ouvrirent sur un large couloir sombre qui s’enfonçait dans la colline. Ernarlyn passa la première, à l’affût des pièges, suivie par Enael, Farnor et les autres.

Au bout de quelques mètres, ils découvrirent cinq cadavres de drows. Trois hommes et deux femmes. Ils avaient été débarrassés de leurs armes et armures mais il restait leurs tabards. Dessus il y avait le dessin d’une araignée, le symbole Lolth, le dieu principal (ou plutôt la déesse) des elfes noirs. Ernarlyn et Enael inspectèrent les cadavres de plus près. Leurs blessures portaient les marques d’armes contondantes. Ils trouvèrent également ces petits carreaux si caractéristiques des drows plantés dans leur peau.

  • Ils ont été tués par d’autres drows, conclut Enael. C’est bizarre.
  • Pas aussi bizarre que l’énorme araignée grimpe dans ton dos, répondit Kary.

Enael fit une grimace d’horreur en se retournant brusquement et. L’archère elfe éclata de rire de sa mauvaise plaisanterie. Enael lui jeta un regard mauvais en proférant mille jurons sur les elfes.
Le groupe reprit sa marche. Peu après les cadavres, ils trouvèrent sur leur gauche une porte. Mais ils préférèrent continuer dans le couloir qui tournait plus loin. Au coin il y avait une nouvelle porte, scellée par du plâtre.

Piquée de curiosité, Ernarlyn décida de la forcer. Elle découvrit une grande pièce qu’elle ne voyait pas complètement car elle était orientée de façon perpendiculaire. Cependant l’elfe préféra ne pas pénétrer. Enoch envoya son familier en reconnaissance. Le pseudo dragon rapporta qu’il n’avait vu que des tombes fermées comme dans les mausolées.

Une rencontre des plus désagréables

Le groupe décida de poursuivre au sud dans le couloir. Plusieurs mètres après, ils découvrirent encore une porte sur la droite tandis que le couloir se poursuivait.

Ernarlyn l’inspecta mais ne trouva pas de piège. Quand elle essaya d’ouvrir la porte, elle sentit cependant une puissante énergie négative parcourir son corps. L’elfe dû serrer les dents pour ne pas défaillir sous la douleur qui enserrait son cœur.

La porte s’ouvrit sur une pièce de six mètres sur six avec quatre portes. Au centre de la pièce, il y avait une statue d’une femme avec une pose et un regard impérieux en direction de l’entrée. Quand Ernarlyn et Enael tentèrent d’entrer, la statue s’anima et cria d’une puissante voix : « Dehors, ou vous subirez ma colère ! ».

Sous l’effet de la surprise, les deux compagnons reculèrent brusquement et bousculèrent les autres. Ils discutèrent rapidement de l’attitude à adopter. Ernarlyn réussit à les convaincre que s’il y avait un gardien, il y avait forcément un trésor. En dehors d’Enoch et du druide, ils décidèrent d’entrer. Sans surprise, la statue s’attaqua à eux et se précipita sur la barde.

Malgré sa taille et son poids, le gardien du tombeau était plus véloce qu’il n’y paraissait et il réussit à blesser l’elfe. Farnor, Enael, Ernarlyn et Kary redoublèrent de coups contre la statue qui se révéla plus coriace que prévu. Mais ils réussirent à la détruire.
Du tas de gravats, ils virent s’élever une forme fantomatique qui avait les traits d’une femme séduisante mais sévère. Immédiatement Farnor réagit et invoqua le pouvoir de son dieu pour repousser les morts-vivants. L’intervention divine s’averra efficace et le fantôme recula dans un coin de la pièce pour s’y recroqueviller.

Ils commencèrent à inspecter la pièce, ouvrant les deux premières portes qui dévoilèrent des petites salles contenant chacune un unique sarcophage. Hélas, Kary ne prit pas garde et quand elle voulut ouvrir la troisième porte, elle s’approcha trop près du fantôme qui redevint immédiatement belliqueux en adoptant une apparence horrifique tout en hurlant. Terrorisés par cette vision d’horreur, tous sauf la barde prirent leurs jambes à leur coup et sortirent de la pièce en claquant la porte.

Ernarlyn quand à elle, savait que le jeu en valait la chandelle et ce n’était pas un simple fantôme qui allait l’effrayer. Elle sortit son arc et décocha flèche après flèche sur la forme éthérée.

Malheureusement, seule une flèche sur trois semblait faire mouche, les autres passant à travers la créature pour s’écraser contre le mur. L’elfe sentit le fantôme faiblir mais elle ne pu empêcher ce dernier de plonger son regard dans le sien. Aussitôt elle sentit un changement dans son corps comme s’il se flétrissait de l’intérieur et une douleur la parcourut des pieds à la tête. Ernarlyn tint bon et continua à découcher ses flèches. Finalement la fantôme disparut dans un filet de brume éthérée.

Un maigre trésor

La barde souffla et fouilla les pièces et les sarcophages. Dans l’un d’eux elle trouva un anneau magique de protection et de l’or. C’est en vainqueur qu’elle ressortit. Mais elle en avait payé le prix. Sa beauté avait en partie disparue et des cheveux blancs étaient apparus dans sa chevelure autrefois magnifique.
Le reste du groupe, à part le druide et le sorcier, avait aussi souffert du combat, ses capacités amoindries. Les aventuriers décidèrent alors de retourner aux Chutes de la Dague pour profiter des soins du temple de Tyr. Mais le lendemain, quand ils reviendraient, ils seraient plus déterminés que jamais.

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